Vingt-deuxième méditation : Jeudi 26 novembre 2020 — 16. Paroisse Saint-Germain d'Auxerre

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Vingt-deuxième méditation : Jeudi 26 novembre 2020

à partir de l'Évangile de la messe du jour : Lc 21, 20-28.

Texte de référence

            «Sur terre, les nations seront affolées et désemparées par le fracas de la mer et des flots. Les hommes mourront de peur dans l’attente de ce qui doit arriver au monde, car les puissances des cieux seront ébranlées. » En ces ultimes jours de l’année liturgique le ton de l’Évangile se fait de plus en plus sombre, de plus en plus rude… Il ne s’agit pas de nous faire perdre espoir ou de nous faire voir l’avenir du monde en négatif, mais il s’agit de nous faire prendre en compte la réalité parfois obscure dans laquelle nos vies s’avancent parfois, et plus particulièrement dans les temps d’épreuve personnelle ou collective. Vouloir se changer les idées à l’approche de ces heures, chercher à oublier, à se distraire, à chercher dans la vie spirituelle des consolations, ce n’est pas ce que le Seigneur attend de nous...

            Les derniers jours de l'année, les derniers jours du monde, les derniers jours d’une vie… ces instants de vérité et de révélation dans la douleur, qui nous font si peur et que tant de nos contemporains voudraient éviter, abréger, sont pourtant des temps incontournables pour vivre en humains. Quand la vie commence, quand un jour s’ouvre, l'insouciance et tous les possibles se conjuguent pour nous faire respirer un air léger. Quand les années passent, que les responsabilités et les choix en tout genre viennent alourdir les jours et restreindre le champ des possibles, que nous reste-t-il? Cette question peut nous sembler terrible, ou pire, stérile… Nous voudrions parfois ne connaître de la vie que ce qu’elle produit dans la légèreté des matins, mais les soirs viennent, et chaque jour qui descend, chaque année qui vient à son décembre, nous rappelle la finitude de notre propre vie. Que nous restera-t-il? Que serons-nous quand nous n’aurons plus toutes nos capacités d’antan? Accepterons-nous d’être encore nous sans être plus ce que nous avons été dans notre jeunesse? Accepterons-nous de suivre le Christ jusqu’à la Croix, même si notre appartenance à l’Église et la place de l’Église dans le monde ne ressemblent plus à ce que nous avons connu il y a longtemps ?

            C’est dans ces moments où tout aura changé, où nous étendrons les bras pour qu’un autre nous passe notre ceinture et nous conduise là où nous ne voudrions pas aller (Cf. Jean 21, 18-22), que notre témoignage de Chrétiens révèlera toute sa valeur. Dans ces moments-là, aux derniers jours, au bout du chemin, nous aurons encore la Liberté de Le suivre par notre dernier souffle, par notre dernier sang et nous entendrons notre mémoire nous murmurer ces mots d’Évangile «Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche.»