Vingt-troisième méditation : Vendredi 27 novembre 2020 — 16. Paroisse Saint-Germain d'Auxerre

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Vingt-troisième méditation : Vendredi 27 novembre 2020

à partir de l'Évangile de la messe du jour: Luc 21, 29-33

Texte de référence

            Jésus, pour nous faire comprendre quel type d’intelligence nous devons mettre en œuvre pour discerner les signes du Royaume, nous invite à nous tourner vers la nature, ce livre qui nous parle de Dieu, du sens de notre vie et de la destinée du créé : «Voyez le figuier et tous les autres arbres. Regardez-les : dès qu’ils bourgeonnent, vous savez que l’été est tout proche. De même, vous aussi, lorsque vous verrez arriver cela, sachez que le royaume de Dieu est proche. » 

            Oui, nous avons appris, étant petits à voir dans les bourgeons et les fleurs les signes d’une réalité plus diffuse et plus fondamentale que l’arrivée des fleurs : le printemps. L’été dont Jésus nous parle c’est la saison des fruits, des accomplissements en tout genre… quand le fruit est dans nos mains, quand nous le croquons, nous reconnaissons dans sa saveur, le prix et la vraie dimension de tout ce que la nature et l’homme ont déployé pour le produire. Mais si nous n’avons pas toujours besoin des fruits pour reconnaître l’été brûlant, le printemps est souvent plus discret… Souvent le froid est encore mordant quand les premières floraisons font leur apparition… Délicates annonces d’un été encore lointain, les fleurs nous font pourtant sentir le parfum des fruits à venir.

            Vivons-nous dans une attention comparable à la venue du Royaume de Dieu? Si nous sommes capables de reconnaître dans les fleurs la venue du Printemps, c’est que nous avons intégré au plus profond de nous-mêmes, le besoin et donc le noble désir du fruit… Sans fruits, notre vie s’éteindrait; nous avons besoin de ce cycle naturel qui fait produire à la terre son fruit, alors nous avons développé une sensibilité aux temps, aux avancées du jour et au parfum des fleurs…C’est cette même urgence de vie qui est au cœur de chaque âme en attente du Royaume; sans ce Royaume nos vies restent condamnées à la caducité, à n’être que des faims sans pain, des soifs sans puits. Pourquoi n’écoutons pas plus attentivement ce besoin d’infini et d’éternité qui est au cœur de l’homme comme une floraison précoce? 

            Jésus nous prévient pourtant de l’urgence et de l’invariable imminence du Ciel : «Amen, je vous le dis : cette génération ne passera pas sans que tout cela n’arrive. Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas.» Soyons attentifs.