Découvrir Le chant des forêts, Vincent Munier — Diocèse de Sens & Auxerre

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Découvrir Le chant des forêts, Vincent Munier

par l’Observatoire Foi et Culture de la CEF

Nous sommes habitués à voir des documentaires consacrés aux plus beaux paysages, aux animaux les plus photogéniques… un de plus ?
Certes non, Le chant des forêts est bien entendu plein de beautés, il magnifie les Vosges, ses forêts, sa faune, mais il donne avant tout à vivre l’expérience de deux hommes et d’un jeune garçon. Vincent Munier, le fils, suit les traces de son père, Michel, et comme ce denier l’y a initié au regard et à l’écoute, ils font de même pour leur fils et petit-fils, Simon.

Ce qui est cœur de ce beau film, c’est le temps, la patience, l’affût qui permet d’apercevoir tel animal que l’on a espéré pendant des journées, voire des mois. Et lorsqu’il se présente, on le découvre, en partie caché par les frondaisons.
Ici, pas de gros plan, pas d’image à la netteté absolue, par de ciel dégagé… les nuages, la brume, la pluie participent de la nature qui est montrée, contemplée, respectée. Il ne s’agit pas de « mettre en scène » une nature domestiquée, même visuellement, mais de l’accueillir telle qu’elle se donne. On y percevra bien entendu une dénonciation de toutes les formes de prédations exercées par les êtres humains.

Le message écologique que peut porter ce film ne s’exprime ni par les paroles, encore moins par les slogans, mais par la manière dont ces deux hommes et ce garçon reçoivent ce qui révélé plutôt qu’ils ne le « fabriquent ».
Certes, à un moment, ils sauront dire les changements provoqués pas la société industrielle. Ce sont les avions de plus en plus nombreux à survoler le massif vosgien, c’est la monoculture de l’épicéa et du pin qui ne sait pas résister aux scolytes. Et aussi le changement climatique et les sécheresses.
Ce dernier point est le plus souligné car il contraint nos trois contemplateurs à se rendre en Norvège. En effet, c’est là où ils pourront voir un oiseau typique des Vosges qui a dû les quitter pour des régions plus froides : le Grand Tétras. Il est pour eux l’oiseau mythique, qui, comme le lynx, choisit ou non de se montrer et que seule la patience permet d’entendre et de voir.
Oui, le changement climatique – que certains nient, comme ils nient son origine anthropique – est l’une des raisons des migrations, de la faune et des végétaux… pour les êtres humains, la nécessité est la même, la liberté de se mouvoir bien moins loisible.

Le chant des forêts résonne avec la période de Noël dans laquelle nous entrons.

Il s’agit d’apprendre la patience, la douceur, l’écoute. Souvent le pape François est revenu sur cette distinction, écouter est plus qu’entendre, regarder, est plus que voir. Ainsi lors de ses vœux de Noël à la Curie romaine, le 21 décembre 2023 : « Ecouter, c’est accueillir le don de l’amour de Dieu qui vient à la rencontre de l’humanité. Et écouter, non seulement avec les oreilles, mais avec le cœur « est bien plus qu’entendre un message ou échanger des informations », c’est une « écoute intérieure capable de comprendre les désirs et les besoins de l’autre, une relation qui nous invite à dépasser les schémas et à vaincre les préjugés ». Marie, elle, écoute l’Archange Gabriel « avec humilité et émerveillement ». Presque « à genoux », elle s’ouvre totalement à Dieu. « Ecouter “à genoux” est la meilleure façon d’écouter vraiment, parce que nous ne sommes pas devant l’autre dans la position de ceux qui pensent déjà tout savoir ».

 

By Céline Harrand from Dublin, Ireland - Saint-Eustache - Paris, Public Domain, Link

« Ce que nous proclamons, c’est, comme dit l’Ecriture : ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, ce qui n’est pas venu à l’esprit de l’homme, ce que Dieu a préparé pour ceux dont il est aimé » 1 Corinthiens 2, 9.

+ Pascal Wintzer, OFC

 

Sortie le 17 décembre 2025, retrouvez sur le site Allociné la liste des cinémas de l'Yonne diffusant le film "Le chant des forêts".

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