Dans notre prière — Diocèse de Sens & Auxerre

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Dans notre prière

Mgr Georges Gilson

 

Monseigneur Georges Gilson s’est endormi dans la paix du Seigneur le 27 novembre 2024, à Paris, à l’âge de 95 ans et dans la 49e année de son ministère épiscopal.

La cérémonie de ses funérailles a été célébrée le lundi 2 décembre 2024, en la cathédrale Saint-Étienne de Sens, suivie de l’inhumation dans le caveau.

Une messe a été célébrée le dimanche 1er décembre 2024, à 18h au Sacré-Cœur de Montmartre (18e), à la mémoire de Mgr Georges Gilson, et présidée par Mgr Dominique Catta, vicaire général (retrouver ici la diffusion de KTO).

Mgr Jean-Pierre Vuillemin a présidé une messe à son intention mardi 3 décembre en la cathédrale du Mans.

 

Parcours

  • 30 mai 1929 : naissance à Paris ;
  • 1934 : installation de la famille Gilson à Clamart où son père dirige le garage Renault au bas de la rue Victor Hugo ; Saint-Joseph devient sa paroisse : il y sera entre autres scout ! ;
  • 21 avril 1957 : il est ordonné prêtre pour l’archidiocèse de Paris après des études de théologie à l’Institut catholique de Paris et à l’Université pontificale grégorienne de Rome ;
  • il passe ses premières années de ministère comme vicaire à la paroisse Sainte-Geneviève de Nanterre ;
  • 1965 : il devient secrétaire du cardinal Pierre Veuillot (et à ce titre assiste à la dernière session du Concile Vatican II à Rome) puis en 1968 du cardinal François Marty ;
  • 1974 : ce dernier le nomme vicaire général du diocèse de Paris ;
  • 1976 : Paul VI le nomme évêque auxiliaire de Paris ;
  • 13 août 1981 : après la retraite du cardinal Marty dans l’Aveyron, il est nommé évêque du Mans.
  • 2 août 1996 : il est nommé archevêque de Sens-Auxerre et prélat de la Mission de France
  • 31 décembre 2004 : atteignant 75 ans, il se retire à Paris à la résidence des Chapelains du Sacré-Cœur de Montmartre et se met à la disposition de l’évêque de Nanterre, Mgr Daucourt, qui lui confie plusieurs missions, en particulier des confirmations et la présidence régulière d’eucharisties à Notre-Dame de Pentecôte (La Défense).

Consulter la biographie rédigée par l'équipe épiscopale de la Mission de France :  biographie

Quelques photos

Homélie de Mgr Yves Patenôtre

(télécharger le texte)

Textes lus à l'occasion des obsèques

 

Constitution pastorale sur l'Église dans le monde de ce temps, Gaudium et spes, chapitre 22, § 4 à 6
Devenu conforme à l’image du Fils, premier-né d’une multitude de frères, le chrétien reçoit “les prémices de l’Esprit” (Rm 8, 23), qui le rendent capable d’accomplir la loi nouvelle de l’amour. Par cet Esprit, “gage de l’héritage” (Ep 1, 14), c’est tout l’homme qui est intérieurement renouvelé, dans l’attente de “la rédemption du corps” (Rm 8, 23) : “Si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts demeure en vous, celui qui a ressuscité Jésus Christ d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels, par son Esprit qui habite en vous” (Rm 8, 11). Certes, pour un chrétien, c’est une nécessité et un devoir de combattre le mal au prix de nombreuses tribulations et de subir la mort. Mais, associé au mystère pascal, devenant conforme au Christ dans la mort, fortifié par l’espérance, il va au-devant de la résurrection.

5. Et cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ, mais bien pour tous les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’être associé au mystère pascal.

6. Telle est la qualité et la grandeur du mystère de l’homme, ce mystère que la Révélation chrétienne fait briller aux yeux des croyants. C’est donc par le Christ et dans le Christ que s’éclaire l’énigme de la douleur et de la mort qui, hors de son Évangile, nous écrase. Le Christ est ressuscité ; par sa mort, il a vaincu la mort, et il nous a abondamment donné la vie pour que, devenus fils dans le Fils, nous clamions dans l’Esprit : Abba, Père !

Texte du Cardinal François Marty, J'aime l'Église
J'aime l'Église. Elle ne m'a pas déçu.
J'aime l'Église au soir de ma vie, comme à l'heure où ma mère m'apprenait à faire le signe de la Croix.

“Parlez-nous de Dieu”, me disent les censeurs des temps modernes. Pourtant je parlerai de l'Église. Non en apologète mais en témoin, non en évêque d'abord mais en chrétien qui a une longue expérience. Parler de l'Église, c'est retrouver des hommes et des femmes aux visages innombrables et secrets. Car l'Église n'est pas un objet qu'on peut saisir, tel le propriétaire, qui pèse et soupèse son bien dans le creux de ses mains. Elle n'est pas même un objet d'art dont la valeur grandit le regard de l'admirateur. Le chrétien n'est pas le spectateur de son Église. Il est l'Église. Nous sommes l'Église. Nous ne voyons pas notre visage, sinon, par malheur, lorsque nous nous perdons dans la contemplation du miroir, tel Narcisse. Il n'y a aucune distance entre l'Église et nous. Nous sommes au Christ-Jésus, le Ressuscité et Celui-ci est à Dieu.

J’aime l’Église. Je le dis avec une joie intense, celle de l’homme qui est allé au bout de son sillon et constate au premier mois de l’été qu’il ne s’est pas trompé. Je n’ai pas été trompé.

Je suis entré dans la famille ecclésiale en venant à la vie dans mon village natal. J’ai balbutié les premiers mots de Dieu en regardant ma mère et mon père faire leurs prières. J’ai appris la vie, j’ai appris la mort, j’ai su ce qu’était aimer, au rythme des jours et au contact des voisins et des proches. Je les ai regardés avec mon regard d’enfant, mes questions d’adolescent. J’ai découvert Dieu dans leurs attitudes d’hommes. Je ne connaissais pas l’Église par les journaux, les doctrines et les hiérarchies, mais je la touchais avec mes mains, en serrant les mains de ceux qui m’entouraient. J’ai pris conscience de sa présence comme l’enfant saisit son corps et y découvre sa force et ses limites. Je n’ignorais pas les défauts et les péchés de ceux-là mêmes qui m’apprirent que j’étais baptisé. Mais je n’ignorais pas non plus ces pages d’Évangile vécues avant de m’être lues. La vie et la foi se mélangeaient quotidiennement. J’ai vécu l’Église avant de prendre conscience de ce qu’elle est. J’ai aimé l’Église comme j’ai aimé ma mère, cette femme dont je n’ai pas eu à apprendre qu’elle m’avait donné la vie et me révélait l’amour.

Cela ne s’oublie pas.

Plus tard, j'ai eu mission de gouverner l'Église. Jamais je n'ai oublié qu'elle était faite d'hommes et de femmes ; qu'elle était habitée par leurs misères et leurs richesses, qu'elle était bouleversée, animée par l'Esprit. L'Église est faite chair. Divers sont les gens qui viennent constituer le Corps du Christ dans la célébration eucharistique. Divers leurs visages qui me révèlent l'immense tendresse de Dieu dans l'incarnation de son Fils. Le prêtre est l'un d'eux. Pas meilleur. Pas pire. Consacré à résumer en lui cette étrange affirmation que l'Église c'est tous les croyants en Christ.

Lettre que Mgr Georges Gilson souhaitait envoyer à ses amis (novembre 2024)

Noël bientôt... Tous mes vœux ! Je prie Dieu de vous offrir le don de la Paix et de la Joie.
Et ce jeu de mots qui traduit mon témoignage de vivant : la “faim de vivre” l’emporte résolument sur la “fin de vie” proposée à mon horizon...

Je rentre d’un week-end que je viens de passer “chez moi” à Sens (09.10.2024). Je voulais m’y rendre pour être présent dans cette ville qui est mienne, épiscopale. Je voulais être là pour accueillir le nouvel Archevêque que le pape François a donné aux catholiques et à tout ce peuple de Sens-Auxerre dont je veux être toujours l’apôtre : le Père Pascal Wintzer, immense par la taille, impressionnant par la foi et courageux pour sa mission.

Je rentre de Sens. Il faisait froid. Une quinzaine d’évêques s’étaient rassemblés, mais c’est le peuple qui accueillait… J’ai vécu au cœur de cette cathédrale épiscopale. Je suis allé comme toucher de mes mains là où la communauté chrétienne m’enterrera. 

Je rentre de Sens où je suis allé visiter les anciens qui ont été accueillis dans la maison que j’ai fait construìre à Brienon dans le parc de l’ancien château de l’Archevêque.

Je vous écris tout cela pour vous dire combien ma foi chrétienne est ce qui me donne de rester debout. Vous ne serez pas étonnés en sachant que je travaille toujours à mieux comprendre l’Évangile du Christ, c’est-à-dire à célébrer l’Eucharistie du Seigneur.

Priez avec moi. J’en perçois la puissance spirituelle. Le Concile Vatican II reste pour moi la source divine, en communion avec les cardinaux Pierre Veuillot et François Marty…

Un établissement hospitalier pour personnes âgées ou dépendantes (Ehpad) est nécessaire pour beaucoup d’entre nous… Merci aux petites sœurs qui m’y accueillent. Je m’y ennuie, je reste éveillé, j’attends la Rencontre lumineuse, je la désire…

Je rentre de Sens (sans pour autant oublier Paris, Le Mans, Auxerre, la Mission de France, Nanterre et bien d’autres lieux aussi à travers le monde). J’ai réappris chaque matin "à faire l’Eucharistie du Christ" : "Vere dignum et iustum est, œquum et salutare, nos tibi semper et ubique gratias ágere :  Domine, sancte Pater, omnipotens œtérne Deus : per Christum Dóminum nostrum", cette phrase que j’ai appris à chanter, à prier, à célébrer chaque jour et qui nous révèle que c’est le Christ qui fait l’Eucharistie de Dieu.

Souvenez-vous que la préface de la messe ne se situe pas avant le partage de la Parole biblique, mais au moment de l'offrande et du renouvellement du Mystère Pascal, lui qui induit la consécration du monde (Lumen gentium, N°10) : à ce moment, aux côtés du prêtre, l’Assemblée accomplit pleinement son sacerdoce ministériel...

Telle est notre Mission et notre communion, telle est notre part irréductible, telle est notre foi.

Merci anau vieil homme que je suis qui n’oublie pas son ordination sacerdotale du 21 avril 1959 : “Introïbo ad altare Dei qui laetificat juventutem meam.”

Soyez dans la Joie !

+ Georges Gilson

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