La Toussaint

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Le 1er novembre, l’Église fête la Toussaint. Loin d’être la “fête des morts”, la Toussaint est un temps pour célébrer la vie et rappeler
que, même si le temps est gris, il y a pour chaque homme un avenir lumineux.

Toussaint ou fête des défunts ?

Début novembre, le ciel est souvent gris et bas, les feuilles tombent, la nature s’enfonce dans le sommeil de l’hiver, et la fête de la Toussaint, telle qu’elle est souvent vécue, n’est pas faite pour nous remonter le moral : il est en effet de tradition de se rendre ce jour-là au cimetière, pour honorer nos chers disparus en leur apportant un pot de ces chrysanthèmes qui ont la bonne idée de fleurir à ce moment-là.

Mais cela, pour l’Église catholique, c’est le 2 novembre que nous devrions le faire, jour consacré à la commémoration de tous les fidèles défunts. Jour de mélancolie, dans le souvenir des proches qui nous ont quittés et dont nous regrettons la présence, mais aussi jour de prière, où nous demandons à Dieu de les accueillir auprès de lui en leur pardonnant tout ce qui les a peut-être empêchés d’être saints au cours de leur vie sur la terre.

Car la veille, 1er novembre, jour de la Toussaint, l’Église nous invite non à pleurer nos morts, mais à nous réjouir pour les vivants que sont tous les saints du ciel, cette foule immense de ceux à qui la Résurrection du Christ a ouvert les portes de la vie éternelle, dont nous parle la première lecture de la messe de la Toussaint, tirée du Livre de l’Apocalypse (Ap 7,2-4.9-17).

Qu’est-ce qu’un saint ?

C’est tout simplement celui qui a vécu sur Terre en ami de Dieu, et poursuit son chemin dans un bonheur éternel auprès de Lui, à qui il est désormais devenu semblable car il le voit tel qu’il est, comme nous le dit saint Jean dans la deuxième lecture de la messe (1 Jn 3,1-3).

Un certain nombre de saints ont été reconnus par l’Église, dès les origines, pour servir d’exemples dans la vie des chrétiens. Ils sont de toutes conditions, hommes ou femmes, prêtres, religieux et religieuses, ou laïcs, pères ou mères de familles, voire même enfants, et leurs vies ne sont pas toujours héroïques mais parfois tout à fait banales. Car la sainteté, pour l’Église, n’est pas réservée à une élite ; il y a certainement des saints inconnus dans nos familles, et nous aussi, nous pouvons, si nous le voulons et avec l’aide de Dieu, devenir saints !

Pour cela, l’Évangile du jour (Mt 5,1-12) nous indique le chemin : vivre les Béatitudes qui sont en quelque sorte la charte du bonheur chrétien, pour aujourd’hui déjà, et pas seulement pour l’éternité. Comme en écho aux dix Commandements qui nous disent essentiellement ce qu’il ne faut pas faire, Jésus nous indique dix manières d’être heureux, en nous montrant doux, miséricordieux, pacifiques… bref, en aimant notre prochain  Ce n’est pas toujours facile, mais c’est au fond à la portée de chacun.

 

Évangile des Béatitudes selon sain Matthieu (5, 1-12a)

En ce temps-là, voyant les foules, Jésus gravit la montagne.
Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui. 
Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait.
Il disait :
« Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés.
Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage.
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.
Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.
Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux êtes-vous si l’on vous insulte,
si l’on vous persécute
et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous,
à cause de moi.
Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse,
car votre récompense est grande dans les cieux ! »

 

Nous pouvons, pour y arriver plus facilement, nous inspirer des exemples que les saints nous ont donnés en nous documentant sur leur vie, et aussi leur demander d’intercéder pour nous auprès de Dieu.

Une liturgie festive

Alors, faisons de la messe de la Toussaint une messe festive, au cours de laquelle on honore tout particulièrement les saints qui nous sont chers et ceux de nos villes et de nos villages : on peut chanter, par exemple dans la procession d’entrée, une litanie des saints incluant les saints patrons de nos églises, on peut aussi ce jour-là les mettre en valeur en exposant solennellement près de l’autel les reliquaires de l’église ou des icônes de saints.

Et, puisque nos enfants aiment se déguiser, ils pourraient, ce jour-là, s’inspirer des saints d’hier ou d’aujourd’hui, choisir la lumière plutôt que les ténèbres et leur cortège de diables ou de sorcières liés aux anciens rites païens de la “veille de tous les saints” (traduction littérale du vieil anglais Halloween).

 

article publié dans le numéro de septembre 2013 la revue diocésaine Église dans l'Yonne
par le père Ivan Roulier
alors responsable diocésain de la Pastorale liturgique et sacramentelle