Abbaye Saint-Germain

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Place Saint-Germain. GPS : 47.800634, 3.572009.
Au VIe siècle, la reine Clotilde, veuve de Clovis, pour honorer dignement St Germain, intègre son tombeau et l'oratoire primitif dans une vaste basilique. C’est l’origine de l’abbaye Saint-Germain.

GPS : 47.800238, 3.572092 (cliquer pour accéder à la carte)

Saint Germain, évêque d’Auxerre, meurt à Ravenne en juillet 448, alors qu’il effectuait une mission politique auprès de l’impératrice Galla Placida. Rapatrié solennellement dans sa cité, son corps est inhumé le 1er octobre 448 dans l’oratoire qu'il avait fondé en l'honneur de saint Maurice d’Agaune dans l’habitation qu’il possédait à l’extérieur des remparts.

La réputation de sainteté de Germain est telle que très vite des foules accourent pour le vénérer.

Au VIe siècle, la reine Clotilde, veuve de Clovis, pour honorer dignement le saint, intègre le tombeau et l’oratoire primitif dans une vaste basilique où vont désormais se faire enterrer la plupart des évêques d’Auxerre. C’est l’origine de l’abbaye Saint-Germain. Les dons des rois, des évêques et des pèlerins accroissent rapidement l’importance du monastère qui échappe, grâce à ses fortifications et à sa position élevée, aux pillages des sarrasins puis des normands.

Aux VIIIe et IXe, avec les Carolingiens la basilique funéraire de Germain devenue église d'une communauté monastique est sous la protection royale. Sous le règne de Charles le Chauve (843-877)  l’abbaye connaît son apogée.  Le roi manifeste une grande vénération pour le saint évêque, comble de dons le monastère et y fait de fréquents séjours. Il assiste à la translation des reliques dans la nouvelle crypte que son oncle Conrad a réaménagée en 843, pour remercier Germain d'avoir contribué à sa guérison.

A cette époque, l’abbaye devient un des centres intellectuels les plus renommés de l’Occident chrétien et participe largement à la Renaissance carolingienne. Son école monastique attire l’élite de la jeunesse venue écouter les leçons de maîtres célèbres comme Héric, Rémi et produit des manuscrits diffusés dans les autres monastères.

Jusqu’à la fin du Moyen Age, le monastère prospère. Bâtiments conventuels, cloître sont agrandis et rénovés entre les XII et XIVe et une vaste église gothique aux fenêtres rayonnantes est élevée.

Pendant la guerre de Cent ans, les Anglais, maîtres de la ville en 1359, ne peuvent s’emparer de l’abbaye bien défendue.

En revanche, en 1567, les Huguenots l’investissent, le saccagent et détruisent les reliques de Saint Germain. Les moines disparaissent  pendant plusieurs décennies.  

L’ordre est rétabli à partir de 1639 quand les Bénédictins réformés de Saint-Maur s’y installent. Ils reconstruisent les bâtiments conventuels, le cloître et les cryptes reçoivent de nouveau des pèlerins  parfois illustres tels, en 1656, la reine Christine de Suède ou en 1658 le roi Louis XIV venus honorer Saint Germain. La tradition intellectuelle  se poursuit avec les travaux de moines érudits comme Dom Viole et l’installation dans les locaux, en 1788, d’une partie des élèves du collège militaire (actuel lycée J. Amyot)

La vie religieuse est détruite par la Révolution. L’abbaye perd ses biens vendus comme Biens Nationaux, les moines se dispersent mais le Directeur du collège sauve les bâtiments de la destruction en obtenant de la Convention le maintien d’une École en l’an IV. Depuis 1796 y sont entreposées les premières collections d’œuvres d’art, embryons du musée.

Au XIXe, l’avant-nef délabrée est détruite laissant le clocher isolé. A partir de 1826 l’abbaye devient un Hôtel Dieu et le demeure jusqu’à ce que la ville d’Auxerre rachète les bâtiments et y aménage, entre 1980 et 2003 les salles d’exposition du musée tandis que le Centre d’études médiévales réalise des fouilles sous l’avant nef.

Dans l’église toujours vouée au culte on continue à honorer Saint Germain.
 

Hélène BRUN