Saint-Pierre

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Place Saint-Pierre. GPS : 47.794758, 3.574465.
Dès la fin du XI°, autour de l'abbaye St Père en Vallée, s’installe un quartier nouveau peuplé de vignerons et d’artisans. L’église abbatiale devient alors une paroisse.sous le nom de Saint-Pierre

GPS : 47.794758, 3.574465 (cliquer pour accéder à la carte)

L’église Saint Pierre, longtemps appelée Saint Père en vallée, appartenait à un ensemble monastique fondé au VI° siècle.

Située hors les murs, cette collégiale, confiée à des chanoines, fut soumise aux pillages des sarrasins en 887 puis des normands vers 910.

L’édifice resta en partie ruiné jusqu’au milieu du XI° où il fut reconstruit. En 1107, le prieuré est confié aux chanoines réguliers de l’ordre de Saint Augustin, puis, en 1169, il  est érigé en abbaye, décision confirmée par le pape Alexandre III en 1174.

Dès la fin du XI°, autour de ce monastère suburbain s’installe un quartier nouveau peuplé de vignerons et d’artisans qui affluent à Auxerre, attirés par le développement du commerce du vin sur la rivière et la renaissance urbaine. L’église abbatiale devient une paroisse partagée entre les chanoines qui se réservent le chœur et les habitants qui érigent un autel dans la nef. Ce bourg est englobé dans la nouvelle enceinte, plus vaste, érigée au XII°

Riche propriétaire foncier, l’abbaye tire d’importants revenus de la location d'immeubles en ville, de terres et vignes situées dans les villages alentour et du commerce des vins.

Ruinée par les ravages de la guerre de cent ans, elle est en 1567 dévastée par les huguenots qui saccagent l’église, brûlent le logis abbatial et massacrent les religieux. La paix revenue, les chanoines vendent des biens pour remettre en état les bâtiments conventuels tandis que les paroissiens reconstruisent, entre la fin du XVI° et 1672, une des plus belles églises Renaissance de la région.


Au XVII°, les chanoines relâchent l’observation de la règle monastique au point que l’évêque songe à supprimer l’abbaye. Mais, en 1635, il préfère la réformer en remplaçant les religieux indignes par des chanoines de sainte Geneviève de Paris. Dans le monastère à demi ruiné leurs conditions de vie sont difficiles, les vocations se tarissent et en 1789 n’y demeurent plus que 5 chanoines.

En 1793, l’abbaye est supprimée, l’église, fermée au culte, est transformée en fabrique de salpêtre.

En 1801, avec le Concordat, saint Pierre redevient une paroisse et en 1862 elle est classée  Monument Historique.

Au XX°, en juin 1940, puis juin et juillet 1944,  des bombes  endommagent les vitraux des baies du chœur et du déambulatoire Sud. Il faut réparer les dégâts et poursuivre les travaux de restauration des voûtes, charpentes, arcs boutant  et façade aux cours des années suivantes.    

Au XXI° des fouilles archéologiques furent entreprises pour tenter de mieux connaître l’ensemble des bâtiments monastiques.

 

Hélène BRUN