L'Assomption

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Le 15 août, les chrétiens célèbrent l’Assomption de Marie, c’est-à-dire sa montée au ciel sans avoir connu la corruption de la mort.

L'Assomption

par l'abbé Christian Lotte, curé de la paroisse Saints Louis et Zélie Martin en Gâtinais, et auteur de "Marie dans la nouvelle création - Essai newsmanien sur l'Immaculée conception"
paru dans la revue Église dans l'Yonne n°9/2015, p.22

La proclamation du dogme de l’Assomption en 1950 n’introduit aucune nouveauté dans la foi de l’Église ; c’est l’affirmation solennelle et publique que ‘l’élévation de Marie, l’Immaculée Mère de Dieu toujours vierge, à la fin de sa vie terrestre, en son âme et son corps, à la gloire céleste’, à laquelle les chrétiens ont cru dès l’Antiquité, appartient bien au Mystère de Dieu, confié par Lui à son Église.

L’Assomption est une exception à la loi dont St Paul nous parle : le Christ est ressuscité le premier et ceux qui seront à Lui lors de son retour, ressusciteront alors. Ce privilège n’est pas un caprice divin mais le fruit accordé par Dieu à celle qui, à la perfection, a correspondu à sa vocation de Nouvelle Ève – Mère du Verbe Incarné et sauveur, et de la nouvelle création dans le Christ – en répondant de tout elle-même aux grâces reçues pour cette vocation.

Le fondement cohérent de l’Assomption de Marie, c’est la grâce initiale de l’Immaculée Conception. Il fallait que Marie puisse donner au fruit des ses entrailles, Dieu le Fils, une nature humaine parfaite, hors de toute trace de péché, et aussi, qu’elle jouisse de la même liberté que la première Ève pour répondre au choix de Dieu. Que Marie, qui fut conçue et se maintint, hors de tout péché, connût, non la mort, mais le salaire du péché -la corruption après la mort- eût été incohérent.

Mais l’Assomption est surtout le fuit gracieux du Christ à Celle qui a été unie comme aucune autre créature à son Dieu créateur et sauveur, parce qu’elle en est la Mère et que plus largement elle fut en tous les actes de sa vie sur terre la ‘généreuse associée du Divin Rédempteur’.

Merveilleuse récompense du Fils à Sa Mère, l’Assomption permet à Marie d’être sans aucune rupture la Nouvelle Ève à jamais unie au Nouvel Adam.

Stella Matutina, c’est la prérogative de Marie d’être l’Etoile du matin qui annonce le soleil. Elle ne brille pas pour elle-même ni d’elle-même, mais elle est le reflet de son Rédempteur et du nôtre, et elle Le glorifie. Quand elle apparaît dans les ténèbres, nous savons qu’Il est proche. Il est l’Alpha et l’Oméga, le Premier et le Dernier, le Commencement et la Fin ! Voici qu’Il vient promptement, avec sa récompense, pour rendre à chacun selon ses œuvres. ‘je viens promptement’ – ‘Amen. Venez, Seigneur Jésus !’
Bienheureux  John Henry Newman, Méditations

 

Méditation

par Louis Ruellan,diacre en Puisaye, écrite à l'occasion de la veillée de prière en la grotte de Lourdes à Pourrain, le 15 août 2015 ; paru dans la revue Église dans l'Yonne n°9/2015, p.19

La vierge Marie est morte de vieillesse. Il y a, à Jérusalem, une église orthodoxe qui abrite le tombeau de Marie, au pied du mont des oliviers. Un tombeau vide ; car Dieu n’a pas permis que le corps se décompose - soit dit en passant, comme pour Jésus - faisant ainsi écho à la parole prophétique du psaume de David (Ps 16) : “Tu ne peux abandonner mon âme au séjour des morts, tu ne permettras que ton bien-aimé voit la corruption”.

Marie est montée au ciel, avec son âme et son corps : c’est l’Assomption.

Dieu ne veut pas la mort de l’être humain. Et Dieu ne veut pas non plus la dégradation de nos corps.

Le monde incroyant, pour accepter la mort, a développé une philosophie écologiste : la mort, la dégradation, c’est bien car c’est le cycle de la vie : le corps se dégrade, retourne à la terre, qui nourrit les arbres puis les animaux… Dans un sens, c’est vrai : c’est la nature créé par Dieu. Mais comprenons bien une chose : ce n’est pas cette nature que Dieu avait prévu au commencement du monde.

Si nous vivons actuellement dans un monde de mort et de dégradation, c’est parce que nous vivons dans un monde marqué par le péché, c’est-à-dire un monde séparé de Dieu. Car c’est ça, le péché : le péché, c’est ce qui nous sépare de Dieu.

L’Assomption nous rappelle ce que Dieu nous a promis : un monde sans dégradation. Un jour, Dieu va restaurer la création toute entière. Un monde sans mort et sans dégradation.