Le Carême

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Le Carême est le temps de préparation à la fête de Pâques, cœur de la foi chrétienne, qui célèbre la résurrection du Christ.
Il commence le mercredi des cendres – mercredi 1er mars 2017 – et s’achève dimanche 16 avril 2017.

Carême : temps de conversion et de joie

Le mot Carême rime avec quarante.

En effet, le carême est cette période d’environ quarante jours qui précède la fête de Pâques, et qui, par le fait même, lui est essentiellement lié. Le pape François, dans son message pour la carême 2017, rappelle : « Le Carême conduit à une destination sûre : la Pâque de la Résurrection, la victoire du Christ sur la mort. »

Le mot Carême rime également avec conversion.

Il ne s’agit pas ici, pour le chrétien, de montrer un visage reflétant une « tête de carême », mais bien le visage de celui qui se réjouit de pouvoir marquer une étape dans sa vie chrétienne. Le carême est ce temps durant lequel le baptisé est appelé à « revenir » à Dieu « de tout son cœur » comme l’exprime le prophète Joël (2, 12).

Revenir à Dieu afin de renouveler l’expérience d’une intimité avec lui. Revenir à lui pour, à nouveau, expérimenter sa tendresse, sa miséricorde, son amour : « Revenez au Seigneur votre Dieu, car il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour, renonçant au châtiment » (Joël 2, 13).

Comment, alors, le mot Carême ne pourrait-il pas aussi rimer avec le mot joie ? La joie du chrétien se redécouvrant aimé tendrement par son Dieu qui n’est que miséricorde.

Mais pour que la joie devienne réelle pour le chrétien, il est important qu’il se mette en route vers une nouvelle rencontre avec le Seigneur. Et cela exige pour lui que son comportement soit le fruit d’une conversion authentique. Alors, quel chemin doit-il emprunter ?

Les différents temps du Carême

Mercredi des cendres

 Tout d’abord, lors de la célébration du mercredi des Cendres, premier jour du carême, il est invité à ne pas oublier sa condition : « Souviens-toi que tu es poussière, et que tu retourneras en poussière ». Cette condition est signifiée par la poussière de cendres déposée sur son front. Elle rappelle la condition de tout être humain issu de la « poussière du sol », la terre, expression qui se dit en hébreux : adamah (d’où le mot Adam, c’est à dire l’être humain créé par Dieu à partir de la poussière-terre). Le croyant est donc invité à « se souvenir » que c’est bien Dieu lui-même qui lui a donné la vie, et qu’en Jésus Christ, par son mystère pascal, il est sauvé. Se souvenir, ce n’est pas simplement évoquer un passé révolu, c’est « faire mémoire », c’est-à-dire, en prenant appui sur le passé, mieux comprendre le présent et pouvoir ainsi se projeter avec confiance dans l’avenir. Le chrétien fait alors mémoire de l’œuvre de Dieu en lui, il fait mémoire également de son devenir, de son salut promis, salut qui est déjà réalisé par le Christ.

La liturgie du mercredi des Cendres nous fait aussi entendre la parole de saint Paul : « Ne laisse pas sans effet la grâce que tu as reçue du Seigneur » (2Co 6, 1). Le carême favorise, d’une part, le retour au fondement de la foi : Dieu est le salut de tout homme, d’autre part, le carême est le temps où le chrétien cherche à ne pas laisser sans effet la grâce qu’il a reçu de Dieu.

Les 40 jours, jusqu'au dimanche des Rameaux

Ensuite, pour progresser sur le chemin vers Pâques, l’Eglise offre aux chrétiens trois moyens : le jeûne, la prière et l’aumône. Mais avant tout, elle propose de noter dans son emploi du temps des moments pour lire, écouter et accueillir la Parole de Dieu, ne serait-ce que le texte de l’Evangile offert chaque jour. La lecture de l’Ecriture favorise le retour au Seigneur et encourage à vivre le jeûne, la prière et l’aumône.

Le jeûne

Le jeûne est souvent associé à une privation. Il a pour effet de provoquer un « manque » (par exemple le manque de nourriture si la personne jeûne de nourriture). La question se pose alors : Ce « manque » est-il nécessaire, et par quoi peut-il être comblé ? Ce manque peut/doit conduire celui qui jeûne à se souvenir que « l’homme ne se vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (cf. Mt 4, 4). Ainsi, en accueillant la parole de Dieu, il peut entendre Dieu lui parler, par exemple, par la « bouche » du prophète Isaïe lorsqu’il dit : « Le jeûne qui me plait c’est de faire tomber les chaînes injustes, rendre la liberté aux opprimés, partager son pain avec celui qui a faim, accueillir chez soi, le pauvre sans abri, couvrir celui qui est sans vêtement » (Isaïe 58, 6-7).    

La prière

La prière est la rencontre avec Dieu qui favorise et soutient le « retour » à lui. Elle est indissociable du jeûne qui est un jeûne « pour le Seigneur ». La prière se nourrit de la parole et de la présence de Dieu. Par-là, elle comble le manque occasionné par le jeûne.

L’aumône

Elle nous tourne vers les autres. Le carême est un temps propice pour ouvrir sa porte à ceux qui sont dans le besoin, et à reconnaître en eux le visage du Christ. Vivre l’aumône c’est servir le Christ présent en nos frères dans le besoin. Il y a tant de formes, de lieux et de moments dans le quotidien, où l’aumône peut être vécue. La prière et le jeûne aident le chrétien à se rendre disponible et à discerner là même où il peut vivre le geste de l’aumône.

 

 

Ces trois moyens donnés par l’Eglise pour vivre au mieux le carême, le jeûne, la prière et l’aumône sont profondément liés les uns aux autres. Ils demeurent, lorsqu’ils sont bien vécus, un chemin de conversion et de joie préparant le chrétien à célébrer la passion, la mort et la résurrection du Christ.

Le temps du carême est un chemin pascal. Il guide le chrétien par un « passage » vers une plus authentique et joyeuse conversion.