Saint-Loup (Vaux)

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Place de l'église, 89290 Auxerre. GPS : 47.755741, 3.590022.
Vaux a été donné à l’Abbaye St-Julien d’Auxerre dès sa fondation au VIIe siècle. L’église est dédiée à St-Loup. Le chœur voûté en ogive est du XIIIe siècle.

Coordonnées GPS : 47.755741, 3.590022 (Cliquer pour accéder au plan)
Contact : Mme BELTHIER, 03 86 73 76 77
ou Mme DELAFFOND, 03 86 53 82 88

 
L'église Saint-Loup de Vaux

 

Vaux a été donné à l’Abbaye St-Julien d’Auxerre dès sa fondation au VIIe siècle. L’église est dédiée à St-Loup. Le chœur voûté en ogive est du XIIIe siècle. L’église comporte deux nefs dont la plus récente fut construite au XVIème siècle et un porche roman charpenté fin XIIème siècle. La nef principale, romane, non voûtée à l’origine, fut par la suite voûtée en bois comme le furent de nombreuses églises du secteur. Des dalles funéraires, enrichies d’inscriptions et de figures, se retrouvent çà et là dans les deux nefs. La plupart recouvrent les tombes de curés de la paroisse.

À signaler plusieurs tableaux : une Vierge à l’enfant, le baptême de Jésus dans le Jourdain, le massacre des Sts Innocents. Le maître-autel baroque comporte de chaque côté du tabernacle les sculptures sur bois de plusieurs évêques, et deux petites peintures sur bois représentant la Nativité. Dans le narthex, on remarque les vestiges d’un bas-relief de Saint Hubert datant du XVIème siècle. Enfin, les statues polychromes de Saint Loup, Saint Nicolas et Saint Germain ornent le chœur.

Qui était Saint-Loup ?

 

On ne compte pas moins d’une dizaine de « saints Loup », les plus connus étant saint Loup de Sens et saint Loup de Troyes, et notre premier souci a été de déterminer celui auquel est dédiée l’église de Vaux !... Il semble bien finalement qu’il s’agisse de saint Loup de Troyes.

Né vers 383 dans une famille illustre de Toul en Lorraine, il fit d’excellentes études de droit. Mais au bout de six ans, désirant se retirer dans l’abbaye de Lérins, saint Loup commença par vendre une grande partie de ses biens et en distribua le prix aux pauvres ; au bout d’un an de vie monastique a Lérins, il partit pour Mâcon afin de vendre une terre qu’il possédait encore en Bourgogne. L’abbé de Lérins lui aurait alors annoncé qu’il allait "avoir une grande mission à accomplir", et que "le loup allait être pasteur". De fait, l’évêque de Troyes (saint Ours) étant mort, les Troyens envoyèrent chercher saint Loup pour remplacer leur pontife ; et devant son refus, ils n’hésitèrent pas à le faire prisonnier et à l’amener aux évêques réunis dans leur Ville, parmi lesquels était Saint Germain d’Auxerre. Ceux-ci le convainquirent d’accepter et le sacrèrent évêque en 427.

Il devint alors l’ami et le compagnon de saint Germain l’Auxerrois. En 429, tous deux furent délégués pour combattre en Angleterre l’hérésie de Pélage, qui minimisait le rôle de la grâce. En route, ils rencontrèrent sur le Mont de Valère la petite bergère Geneviève, alors âgée de dix ans ; le lendemain, à l’église, les pontifes, inspirés de Dieu, reçurent la consécration perpétuelle de la petite fille. Après avoir achevé leur mission en Angleterre, ils rentrèrent en France.

En 451, Attila, roi des Huns, venait de fondre sur les Gaules avec une armée nombreuse ; plusieurs grandes villes avaient déjà éprouvé sa fureur, quand il arriva à Troyes, ville peu forte. Saint Loup, revêtu de ses habits pontificaux, suivi de son clergé et précédé de la croix, se présenta devant l’ennemi et demanda à Attila qui il était. Celui-ci lui dit : « Je suis le fléau de Dieu » ; ce à quoi saint Loup répondit : « Nous respectons tout ce qui nous vient de la part de Dieu ; mais […] souvenez-vous de ne faire que ce qui vous est permis par la main toute puissante qui vous meut et qui vous gouverne ». Frappé par ces paroles, Attila promit d’épargner Troyes. Par la suite, alors qu’il s’avançait dans la plaine de Merry-sur-Seine, Attila fut attaqué et vaincu par les Romains. En se retirant, il envoya chercher saint Loup et le pria de l’accompagner jusqu’au Rhin qu’il voulait repasser, pensant que la présence d’un si grand serviteur de Dieu serait une sauvegarde pour lui et pour son armée. Le saint évêque y consentit, mais cette condescendance déplut aux généraux de l’empire, qui le contraignirent à quitter Troyes pour deux ans. On lui permit bientôt de reprendre ses fonctions pastorales, qui finalement durèrent cinquante-deux ans ! On lui attribue de nombreux miracles.

Saint Loup mourut à Troyes en 479, et fut canonisé en 879. Le 10 janvier 1793, à huit jours de la fête de Ste Geneviève qu’il avait consacrée au Seigneur de son vivant, on brûla ses reliques ; seule une partie de sa tête fut épargnée, que l’on honore encore à Troyes.

André NICOLAS, Françoise DELAFFOND
selon un article paru dans le numéro 5 de Septembre 2004 de la revue de doyenné "Chemin d'espérance"