Saint-Marse

Add this
11, rue des Images à Auxerre. GPS : 47.795218, 3.587183.
Dans les années 1950, à Essen (Allemagne), on prépare un jubilé dont St Marse est le centre. A Auxerre, une nouvelle église est construite, rappelant l’amitié entre deux villes marquées par le même évangélisateur.

GPS : 47.795218, 3.587183 (cliquer pour accéder à la carte)

Qui est Saint Marse ?

Nous savons peu de chose de lui, si ce n’est qu’il s’appelait Marsus, qu’il était compagnon de St Pèlerin, évêque romain missionnaire à Auxerre dans la deuxième moitié du 3ème siècle, et ordonné prêtre par lui à Rome ; il était donc, lui aussi, romain. Leur voyage les fit passer par la vallée du Rhône depuis Marseille. C’est eux qui construisirent la première église chrétienne de notre ville dont les vestiges subsistent sous l’actuel temple protestant. Pèlerin étant souvent appeler à des missions de réconciliation et d’apaisement  dans toute la Gaule et au-delà, c’est Marse qui assurait la continuité du « diocèse » dont il prit la charge quand Pèlerin partit évangéliser la Puisaye.

Marse est mort de vieillesse en 318, il était aimé et connu dans toute la région.

Les reliques et le culte à St Marse

Déjà vénéré de son vivant, Marse fut enterré dans le cimetière de la ville, hors les murs, puis transféré avec d’autres saints dans la crypte de Saint Amâtre : l’église construite dans ce cimetière est aujourd’hui disparue car démolie à la révolution. C’est de là que se fit, en 864 le transfert des reliques à destination d’Essen en Allemagne. L’absence des reliques et la présence d’autres saints, dont Saint Germain, l’ont fait un peu oublier dans l’Yonne. Cependant, son importance s’est accrue d’autant au couvent d’Essen dont la toute jeune communauté saxonne était fière d’avoir de vraies reliques  qui les unissaient avec  « l’antique église de Francie Occidentale ».

Cette époque est le moment de la réconciliation des trois petits fils de Charlemagne sur le tombeau de Saint Germain, à Auxerre. Chrestien, alors évêque d’Auxerre, et Altfried le saxon se lient d’amitié lors de différents synodes et c’est en gage de cette amitié que la décision du transfert des reliques fut prise.

Pendant onze siècles, les deux villes vont vivre au gré des amitiés et des inimitiés de leurs pays respectifs, Auxerre restant blottie autour de la vieille ville.

Dans les années 1950, au sortir de la guerre, les choses changent : Auxerre a besoin de s’agrandir, et avec ses nouveaux quartiers, trois nouvelles églises vont voir le jour, la troisième entrant en construction a l’époque où, à Essen, on prépare un jubilé dont St Marse est le centre, et rappelant à chacun l’amitié ancestrale entre deux villes marquées par le même évangélisateur.

A cette époque aussi, de nombreux jeunes, allemands et français, décident de s’unir pour célébrer la paix et la réconciliation. C’est l’occasion des pèlerinages pour la paix et des camps franco allemands ; c’est au cours de ceux-ci que naît l’amitié entre un prêtre d’Auxerre et le jeune prêtre de la paroisse Sainte Elisabeth de Duisbourg du diocèse d’Essen. Ce sont ces nouveaux liens qui conduisent le nouvel évêque allemand à rapporter une relique de St Marse, pour consacrer cette nouvelle église d’ Auxerre le 4 Avril 1964, et renforcer le lien entre les deux communautés allemande et française. La communauté allemande a largement participé aux travaux, comme en témoigne la croix du maître autel offerte par le chancelier Adenauer.

La paroisse


Rattachée à la paroisse Notre Dame d’Auxerre, St Marse dessert également les communautés de Venoy, Quenne et Laborde. Implantée dans un quartier populaire, elle cohabite avec une forte communauté musulmane et jouxte une église évangélique. Les nombreux paroissiens qui ont vécu l’aventure de l’église St Marse depuis le début sont âgés, certains sont décédés. Ils nous laissent un héritage de foi, d’amitié, de confiance et de générosité… saurons- nous continuer cette œuvre de fraternité et d’évangile ?

 

Bernard CERCUEIL, diacre,
et le Père Jacques GRELLARD