La chapelle de Chevigny à Étais-la-Sauvin

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Chapelle Sainte-Camille.

Présentation

Sur la commune d’Étais-la-Sauvin au lieu-dit Chevigny (à l’ouest en direction d’Entrains-sur-Nohain) se trouve une chapelle dédicacée à sainte Camille d’Écoulives. Chevigny, avec ses soixante habitants, est l’un des plus importants lieux-dits du village d’Étais-la-Sauvin. Appelé Cavaniacum au Ve siècle, il a appartenu au domaine de l’abbaye cistercienne de Bourras (commune de Saint-Malo-en-Donziois dans la Nièvre) entre 1124 et la Révolution française.

En savoir plus…

La chapelle a été édifiée au cours du XIIe siècle. À l’intérieur à droite de l’autel, un blason en bas-relief est sculpté dans le mur : il représente au centre un bouquet de lys encadré à droite par l’étoile de Bethléem et à gauche par le coquillage des pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle. On peut lire sous le vase de lys la date 1116, cela laisse à croire qu’il s’agit de l’année d’édification de la chapelle au temps des moines convers cisterciens de Bourras.

L’édifice a été restauré à la fin du XVIIe siècle puis en 1864 ont été réparés le pignon ouest, la charpente, la porte et le clocheton. Le porche en arc plein cintre et le fronton triangulaire sont de la période de cette restauration réalisés en pierre calcaire de Forterre. La forme triangulaire du fronton est un héritage de l’empire romain, lui-même influencé par l’architecture païenne grecque. Avant 1673, la messe était célébrée chaque vendredi. Après la période de restauration, les offices religieux se sont poursuivis. On y célébrait également l’office des Rogations (cinquième dimanche après les fêtes de Pâques), prières et processions destinées à attirer la bénédiction de Dieu sur les champs.

La chapelle est surmontée d’un clocheton couvert d’ardoises. En 1840, les habitants du hameau se sont cotisés pour acquérir la cloche. Elle a été bénie en 1841 et baptisée Laurence. Gravée d’un crucifix, elle porte une inscription indiquant le nom de son parrain Pierre MONTASSIER, capitaine de la garde nationale, et le nom de sa marraine, Laurentine MONTASSIER.

Quelques personnes du village, dans un élan d’enthousiasme, ont travaillé à la restauration de leur chapelle. Ils ont refait le plafond avec l’aide de la municipalité, repeint les murs, décapé les tomettes du sol, remis le mobilier en état.

Le chemin de Croix décorant les murs a été installé en 1897 lors d’une cérémonie en présence de Mgr Pierre-Marie-Étienne-Gustave ARDIN, archevêque de Sens. Chaque tableau est surmonté d’une croix ciselée dans un rameau d’olivier rapporté du mont des Oliviers près de Jérusalem par un pèlerin.

L’autel et le tabernacle entièrement réalisés en bois sont surmontés d’une niche dans laquelle trône une statue en pierre de sainte Camille. Née à Civitavecchia en Italie, sainte Camille a vécu dans la première moitié du Ve siècle. Elle s’établit à Ravenne et devint disciple de l’évêque saint Germain l’Auxerrois lorsqu’il était en mission. Elle accompagna le corps de celui-ci à Auxerre où elle resta comme recluse.

À la mort de saint Germain l’Auxerrois en l’an 448 à Ravenne (Italie), cinq jeunes filles furent désignées pour accompagner son corps jusqu’à Auxerre : Pallaye, Magnance, Procaire, Camille et Maxime. Éprouvées par le voyage, les jeunes filles moururent avant d’avoir atteint leur objectif. Trois communes de l’Yonne honorent ces saintes par leurs noms : Sainte-Pallaye, Sainte-Magnance et Escolives-Sainte-Camille.

Description réalisée à partir de recherches documentaires effectuées par David-Marie GESTALDER, membre des Parvis de Bourgogne.

Bibliographie :