Rencontre avec Marie et Blandine
Elle sont deux.
Deux sœurs qu’une année seulement sépare. Elles se ressemblent tant qu’on les croirait volontiers jumelles.
Un tourbillon de deux jolies jeunes femmes au sourire éclatant arrive pour un entretien à bâtons rompus destiné à mieux nous connaître et surtout à mieux les faire connaître à notre communauté où elles commencent à être bien insérées. Autrefois parisiennes, elles habitent depuis 10 ans la région de Sens.
La présence lumineuse de Blandine et Marie habite immédiatement le lieu de notre rencontre. D’emblée on sent une grande proximité entre elles et leur complémentarité est immédiatement palpable, comme leur connivence de sœurs mais aussi de mamans de jeunes enfants.
La veille de notre rencontre, Blandine a donné un témoignage touchant et très fort, qui a étonné, voire subjugué, même sa sœur Marie, lors d’une rencontre de Carême dans notre paroisse. Au cours de notre entretien elle le développe avec la fougue et le feu qui semblent l’habiter.
Car Blandine n’a pas toujours été la jeune femme à la joie éclatante qui me fait face. Elle dit avoir été mal dans sa peau, et même très mal, au point que sa sœur et sa famille craignaient pour sa vie. Elle a traversé une profonde dépression après la naissance de son fils : plus de goût à la vie, plus de goût à rien, une véritable traversée du désert.
Et Dieu, dans tout cela où était-il ? Blandine craignait que Dieu ait d’autres projets pour elle, elle n’était pas prête à abandonner les « projets du monde » qu’elle nourrissait pour elle et sa famille, elle s’en tenait donc éloignée. Un grand vide l’habitait.
Et pourtant elle assure aujourd’hui que cette dépression a été une grâce de Dieu .
Un jour elle a senti le besoin de se confesser et s’est sentie libérée. Son compagnon, non croyant, la soutenait et a accepté de l’accompagner à l‘église parisienne de Saint- Nicolas des Champs où se déroule régulièrement la prière pour la guérison et la consolation des malades et de ceux qui souffrent.
En passant dans les travées, le prêtre s’est arrêté devant elle et l’a bénie avec le Saint Sacrement. En écho à ce qui devenait une certitude pour elle « Toi seul peux m’aider » résonnaient ces paroles « ton bonheur se trouve dans Ma volonté », paroles fortes s’il en est…
Aussi fortes que celles adressées à ses parents par des personnes témoins de ce changement, véritable conversion : « votre fille est transfigurée ». Une réalité confirmée par Marie.
Blandine a décidé de chercher Sa volonté et a commencé par acheter une bible. Entrer dans une église, prier dans le silence, lire des livres pour devenir , selon le message de la Vierge à Medjugorje, « de joyeux témoins de l’amour et de la parole de Dieu avec, dans le cœur, l’espérance qui triomphe de tout mal ». Vaste programme !
« Je vivais des épreuve mais je persévérerais, je m’accrochais » dit-elle. « Alors que j’avais eu l’impression que Dieu m’abandonnait, je me suis sentie aimée comme jamais. J’étais sa fille bien aimée et cela m’a remplie de joie et de paix. Son amour allait me guérir . Un 14 novembre j’ai versé des larmes de joie mêlée à la douleur, à cause de l’amour que je recevais malgré mes péchés. En moi j’ai entendu : « regarde-toi avec Mes yeux. Je veux demeurer en toi mais dans un cœur pur ». Je ne m’acceptais pas telle que j’étais mais Son regard m’a guérie, il m’a guérie du regard des autres. Je cherchais en effet à être aimée, admirée.
Dieu s’est servi de cette épreuve pour que je Le rencontre : ma vie n’en est pas devenue plus facile mais plus belle. »
Tandis que Blandine s’exprime avec ferveur, sa sœur Marie est bouleversée et son émotion est visible. Elle, l’ancienne petite fille-garçon manqué dont Blandine était jalouse... Une conversion comme celle des sa sœur n’est pas chose courante et suscite une émotion certaine. Teintée d’un léger regret, tout empreint cependant de bienveillance et d’amour, de ne pas être emportée par le souffle puissant qui anime désormais sa petite sœur. Elle nous partage la chance d’avoir reçu des « petites missions » comme de se tenir éloignée des médisances et des commérages, comme celle d’ouvrir les enfants dont elle a la responsabilité en tant qu’enseignante à l’amour de Dieu dans un société qui Le fuit. Petites missions, vraiment?
Y-a-il pour Dieu des petites et des grandes missions, tant chaque personne est unique, avec un dessein unique, parfois incompréhensible ou mystérieux ?
Si Marie et Blandine sont désormais des présences régulières dans notre communauté, toutes deux assurent que c’est grâce à l‘accueil du Père Romain, à sa disponibilité, sa profondeur et son grand respect.
Désireuses et prêtes toutes deux à accueillir la volonté de Dieu.


