Homélie du Père Benoît - 28ème Dimanche du Temps Ordinaire — 3. Paroisse Sainte-Colombe du Sénonais

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Homélie du Père Benoît - 28ème Dimanche du Temps Ordinaire

Frères et sœurs, vous le savez, dans chaque eucharistie nous venons rendre grâces.

Le Samaritain de l’évangile devient donc, non seulement le symbole de la personne sauvée, de la
personne reconnaissante mais aussi le symbole de celui qui sait rendre grâce, qui sait remercier, qui sait
s’agenouiller.

28e dimanche du Temps ordinaire
Introduction

Frères et soeurs, soyez toutes et tous les bienvenus à cette célébration de ce 28e dimanche du T.O.

C'est le Seigneur qui nous rassemble et qui nous accueille dans sa maison. Et tels les lépreux de
l'évangile, nous nous présentons à Lui avec nos pauvretés et nos fragilités. Son amour est toujours
prêt à nous guérir. En toute confiance, implorons sa miséricorde au début de notre Eucharistie.

Homélie

Frères et soeurs, vous le savez, dans chaque eucharistie nous venons rendre grâces. Bien plus nous
venons nous unir à la grande action de grâces de Jésus Christ. Car le Christ est toute grâce et toute
action de grâces... Ce qui blesse le plus le coeur de Dieu, c'est l'ingratitude. Il ne s'habitue pas à
cela... En ce dimanche, la 1èrelecture comme l'évangile nous invitent à la reconnaissance, celle qui nous apprend à dire ce mot si simple: "Merci!"
L’évangile nous rappelle qu’aujourd’hui tout comme au temps de Jésus, la gratitude est une vertu rare...
et c’est bien triste. Nous ne sommes pas très à l’aise devant la nécessité de remercier.
Un prêtre, lors d'une émission sur la gratitude et la reconnaissance, disait ceci: « Si vous ramassez un
chien affamé, vous lui donnez à manger et prenez soin de lui, il vous en sera reconnaissant, s’attachera à
vous et ne vous mordra pas. C’est là la différence principale entre un chien et un être humain. » Cette
remarque peut sembler injuste et pessimiste, mais malheureusement elle reflète souvent la réalité.
Nous avons l’impression que la gratitude ne fait plus partie de nos habitudes. Nous vivons à une époque
ou les êtres humains croient qu’ils ne doivent rien à personne, qu’ils se sont fait eux-mêmes, qu’ils sont
des « self-made men » ou des « self-made women ». « Ce que j’ai, ce que je suis, je ne le dois à personne
d’autre qu’à moi-même! »
Il faut souvent se poser la question : moi qui me pense si intelligent, si débrouillard, si plein de talents, qui
ai eu du succès dans la vie, que serais-je devenu sans mes parents, mes amis, mes professeurs... quelle
carrière aurait été la mienne si je n'étais pas de mes parents, si je n'ai pas été instruit par des professeurs?
Plusieurs personnes aujourd’hui affirment n’avoir besoin ni des autres, ni de Dieu. Ils sont « indépendants
» et ne veulent dépendre de personne.
Nous avons reçu de quelqu’un la vie, l’éducation, la santé, les talents. Sans ceux et celles qui nous
entourent, nous n’aurions pas le succès que nous connaissons. Ceci devrait nous inviter à un peu plus de
simplicité, de modestie et de reconnaissance.
Et l’évangile de ce jour ne parle pas seulement de reconnaissance. Le Samaritain revient sur ses pas pour
remercier, mais aussi pour «rendre hommage», il vient adorer. «Il revient sur ses pas en glorifiant Dieu à
haute voix et se prosterna aux pieds de Jésus en le remerciant.»
Dans notre monde séculariste, on a tendance à séculariser l'Évangile. Nous acceptons l’aspect social, et on
voudrait que tout s’arrête là. Tout ce qui s'appelle culte, louange, glorification de Dieu est mis de côté.
« Il se prosterne la face contre terre! », un geste que nous ne faisons plus. Nous avons le ventre trop plein
pour nous prosterner profondément.
Peut-être que l'abandon du culte dominical par des milliers de chrétiens est l'illustration la plus
caractéristique de cette perte de louange et d’adoration. On ne sent plus le besoin, de dire merci, de
glorifier Dieu. Devant le petit nombre de chrétiens qui vivent l'Eucharistie dominicale, on est tenté de dire
comme Jésus: « Où sont donc tous les autres? Ne sont-ils pas aimés de Dieu eux aussi? »
Autrefois, on disait merci au Seigneur avant et après le repas, on se réunissait chaque dimanche avec la
communauté chrétienne, pour dire merci pour le don de la vie, pour la famille, pour la paix dans notre
pays, pour la nourriture abondante, pour la joie d’être chrétien. Aujourd’hui, bon nombre ne sentent plus
ce besoin de dire merci.
Le chrétien, ce n’est pas celui ou celle qui fait de longue prières, qui demande des grâces, c’est celui ou
celle qui rend grâce, qui remercie. Le mot « eucharistie » veut dire « remercier, action de grâces».
Participer à l’eucharistie, c’est prendre part à cette action de grâce.

Le Samaritain de l’évangile devient donc, non seulement le symbole de la personne sauvée, de la
personne reconnaissante mais aussi le symbole de celui qui sait rendre grâce, qui sait remercier, qui sait
s’agenouiller.
La célébration d’aujourd’hui est une excellente occasion pour récupérer une attitude de reconnaissance
envers Dieu, une attitude qui devient acte d’adoration, de glorification... un hymne d’amour.
Réapprenons à nous agenouiller pour remercier Dieu, pour le féliciter de tout ce qu’il fait dans nos vies.
Nous pourrons ainsi renouveler notre confiance en lui, sachant qu’il ne nous laissera pas tomber dans nos
moments de détresse, de maladie et de mort. Amen!

Père Benoît Sambou - 9 octobre 2022