Homélie du 27ème Dimanche du temps ordinaire - 5 octobre 2025
27e dimanche C
Dimanche 5 octobre 2025
Homélie
Les lectures de ce dimanche nous interpellent fortement au sujet de la vitalité de notre foi. Elles nous disent que la foi ne va pas sans l’amour, ce don reçu du Seigneur « qui nous a faits » (2e lecture, psaume) et le service de nos frères (évangile). Dès lors, si nous vivons ainsi, dans la foi et l’amour, nous sommes « ajustés » au désir de Dieu, nous sommes « justes ». Et, comme dit le prophète, « le juste vivra par sa fidélité » (1ère lecture).
Dans la première lecture, nous voyons le prophète face à la violence des méchants et des puissants. Et nous aussi, nous sommes souvent démoralisés par toute cette montée de la violence, ces guerres, ces agressions dans les rues, les collèges... Nous comprenons la plainte du prophète Habacuc, quand il crie, face au silence apparent de Dieu : "Combien de temps, Seigneur, vais-je t'appeler au secours, et tu n'entends pas, crier contre la violence, et tu ne délivres pas !" Ce cri de souffrance est toujours d'actualité. Nous éprouvons dans notre chair la douleur du monde, la violence déchaînée. Mais nous, chrétiens, nous savons où puiser notre force pour libérer l'humanité. Combien de temps encore crier contre la violence ?...Pourquoi toute cette misère à laquelle on est confronté ?...Même les prophètes ont posé ces questions à Dieu dans les moments difficiles. Mais ils n'ont pas perdu la foi pour autant.
« Fils bien-aimé, dit saint Paul, je te le rappelle, ravive le don gratuit de Dieu, ce don que tu as reçu quand je t’ai imposé les mains. Car ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de raison ». Voilà un rappel vigoureux qui concerne les apôtres, mais tous les disciples également. Le don reçu, c’est la grâce du baptême : l’assurance que nous sommes passés de la mort à la vie en Christ ressuscité : « vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu le Christ. ». Rejeter la peur, choisir la confiance, même dans l'épreuve, être juste et responsable, aimer avec tendresse, voilà le projet chrétien, qui accomplit le désir, le rêve de Dieu.
D’où nous viennent alors nos peurs d’affirmer notre foi, en famille, en société ? Nous avons peur de peser sur la liberté d’autrui. Nous avons peur des réactions agressives d’autrui et des conséquences dans nos vies. Nous avons peur de témoigner de manière inadéquate ou inopportune. Peurs légitimes, mais qui peuvent légitimer un endormissement, une léthargie, une passivité.
Parfois, c’est la honte qui est bien présente, honte de dire que je vais à la messe, honte de dire que je crois que Jésus est le Fils de Dieu.
« Garde le dépôt de la foi dans toute sa beauté avec l'aide de l’Esprit saint qui habite en nous ». Il ne s’agit pas de protéger des idées ou des projets, mais de vivre de l’Évangile. Faisons donc comme les apôtres dans l’Évangile et invoquons le Seigneur : « augmente en nous la foi ». La foi est un don ; Comme tout don, la foi est à accueillir et plus encore à vivre. Elle est, en effet, un acte de confiance qui nous conduit à ne jamais désespérer de Dieu, des autres ou de nous-mêmes, et cela, même si nous ne comprenons pas tout, même si certaines situations nous révoltent !
D’où la question que je me permets de vous partager : avons-nous vraiment confiance en Jésus, en ce Dieu qui s’est révélé et manifesté à nous dans la personne de J-C, pour nous dire son amour, un amour qui est à même de nous rendre meilleurs et de nous sauver ?
« Augmente en nous la foi. Cela veut dire :
1. Apprends-nous que la foi ne consiste pas à croire à quelque chose mais à croire
en toi, Fils de Dieu, pour nous ouvrir à ton Esprit, pour nous laisser atteindre par ta
Parole, pour apprendre à vivre selon ton style de vie et à suivre de près tes pas.
2. Donne-nous une foi centrée sur l’essentiel, purifiée d’adhérences et de ces ajouts
artificiels qui nous éloignent du noyau de ton Évangile. Apprends-nous, en ces temps,
à vivre une foi, non pas fondée sur des appuis extérieurs mais basée sur ta présence
vivante dans nos cœurs et dans nos communautés de croyants.
3- Apprends-nous à découvrir que la foi ne consiste pas à croire en un Dieu de nos convenances mais en ce Dieu qui fortifie notre responsabilité et qui développe notre capacité d’aimer. Apprends-nous à te suivre en prenant chaque jour notre croix.
4- Apprends-nous à nous convertir à une vie plus évangélique, à ne pas nous résigner
à un christianisme au rabais où le sel devient fade et où l’Église perd étonnamment
sa capacité d’être ferment. Éveille parmi nous la foi des témoins et des prophètes.
Les événements du monde mettent à dure épreuve notre foi. Devant tant de maux, de peines, de douleurs et de misères, nous sommes bien tentés de nous demander où est ce Dieu en qui nous croyons. Mais au cœur de nos angoisses, le Seigneur nous demande d'avoir foi en Lui, car il est avec nous jusqu'à la fin du monde. (Mt 28, 20)
Nous pressentons alors, chers amis, combien il est important de faire nôtre la demande des Apôtres à Jésus, combien il est important de demander au Seigneur de raviver en nous le don de la, foi. Car, selon les mots de l’Apôtre Paul, ce n’est pas « un esprit de peur que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de pondération ». Amen !
Père Benoît Sambou