Un chant pour Joigny
Cette fois, c’est à destination du chant des offices catholiques qu’Yves Audard a composé cette messe de Joigny qui consiste en quatre chants de l’ordinaire (Kyrie, Gloria, Sanctus, Agnus Dei) dont les titres latins ne doivent pas éclipser les paroles bien françaises en usage dans la liturgie depuis Vatican II. Comment cela s’est ‘il réalisé ? Il faut savoir qu’en matière de composition c’est rarement en s’installant à la table que surgissent les idées musicales. Il faut saisir au passage une phrase musicale qui s’impose un jour dans l’esprit et si possible la noter pour s’en souvenir. Puis, on laisse l’imagination musicale développer, enrichir, varier ce premier matériau. Et là, tout peut s’arrêter. Mais si cet embryon musical s’impose, voire nous obsède, il faut passer ensuite au travail de composition. Il se fait en partie à la table sur la partition qu’on ébauche, et au clavier pour rendre audible la construction qui se fait. Aujourd’hui les logiciels musicaux offrent des possibilités supplémentaires en réduisant le temps d’écriture manuelle.
« Pour cette Messe de Joigny, tout est allé très vite : la mélodie s’est imposée avec les paroles. Puis j’ai éprouvé le besoin de l’oublier pour mieux la retrouver ensuite. On a toujours besoin de peaufiner le travail, de mieux adapter la musique à une exécution par une assemblée. Les mélodies ( les thèmes) doivent être faciles à mémoriser pour les chanteurs occasionnels que sont les assemblées dominicales. Mais il faut se méfier des réminiscences d’autres messes qui peuvent insidieusement s’y glisser. Dans la conception que j’ai eue, l’assemblée chante une mélodie principale qui est soutenue par le jeu de l’orgue. J’y ai ajouté un chœur à trois voix mixtes qui enrichit harmoniquement et contrepointe le chant principal. »
