Edito à l'occasion de la présentation du Père Robert Tsakadi
Edito
« Frères, depuis le jour où nous avons entendu parler de vous, nous ne cessons pas de prier pour vous. Nous demandons à Dieu de vous combler de la pleine connaissance de sa volonté, en toute sagesse et intelligence spirituelle. Ainsi votre conduite sera digne du Seigneur et capable de lui plaire en toutes choses ; par tout le bien que vous ferez, vous porterez du fruit et vous progresserez dans la vraie connaissance de Dieu » (Colossiens 1, 9-10).
Je m’approprie ces quelques versets de la lettre de saint Paul apôtre aux Colossiens que nous avons écoutés il y a quelques jours dans la liturgie pour m’adresser à vous chers paroissiens et paroissiennes. Par-dessus les distances et l’anonymat, comme l’apôtre Paul moi aussi, depuis le jour où Mgr Pascal WINTZER m’a exprimé sa volonté de m’envoyer vers vous - c’était au début du mois de juin - je n’ai cessé de prier pour vous. J’espère que c’est le cas aussi pour vous en apprenant ma nomination. Paul demande pour les Colossiens de connaître pleinement la volonté de Dieu pour qu’ils soient capables d’une conduite de vie digne de lui et qui lui plaise. Cela se traduira par toute bonne action qui les fera grandir dans la connaissance de Dieu. Pour cette progression dans la connaissance de Dieu Paul demande deux dons de l’Esprit : la sagesse et l’intelligence. Cette connaissance de Dieu que propose Paul est souvent le privilège des petits et des humbles, c’est surtout une attitude, un comportement concret, la foi se traduisant dans la vie réelle. En m’appropriant ce passage de l’apôtre Paul, loin de moi de me comparer à lui. Prêtre depuis 22 ans et appelé pour la première fois à administrer une paroisse, je viens apprendre avec vous ce que nous avons à construire ensemble.
Originaire du Togo comme votre ancien curé le Père Jean-Éric AGBOBLI, ordonné prêtre en 2003 pour le compte de l’Archidiocèse de Lomé, j’ai d’abord exercé mon ministère pendant 7 ans en paroisse comme vicaire avant d’être nommé comme formateur au Grand Séminaire Interdiocésain de Philosophie Benoît XVI où j’ai enseigné pendant 6 ans la philosophie. En 2016, je suis envoyé en France par mon évêque pour poursuivre mes études du 3ème cycle en philosophie à l’Institut Catholique de Paris avec résidence à Saint-Sulpice. Après 5 ans d’études et de ministère à Paris, à la demande de mon évêque Mgr Nicodème BARRIGAH-BENISSAN, Mgr Hervé GIRAUD a accepté de m’accueillir dans le diocèse de Sens & Auxerre comme prêtre fidei donum. Depuis 4 ans dans le diocèse comme vicaire dans l’Auxerrois, j’ai desservi pendant 2 ans la paroisse saint Vincent (Coulanges-la-Vineuse) et 2 ans la paroisse saint Germain (Cathédrale d’Auxerre). Il y a 2 ans, j’ai achevé mes études à l’Institut Catholique de Paris par une soutenance de thèse de doctorat canonique en philosophie sur Emmanuel Levinas, j’en a fait une publication partielle disponible. J’ai accueilli la nomination de Mgr Pascal comme un kairos mais aussi un kainos, car il y a dans le jardin du Seigneur des plantes de toutes variétés : des vivaces, des hâtives, des tardives : « que pour en voir la fécondité, dit Bossuet, l’on doit attendre avec patience le fruit précieux de la terre comme parle l’apôtre saint Jacques ». Un kairos, c’est-à-dire un moment favorable, un kainos c’est-à-dire une nouveauté dans ma vie de prêtre, celle de se voir confier une paroisse. Le contexte dans lequel j’arrive à Villeneuve-l’Archevêque est connu de tous. On est appelé à nous entendre à nous supporter mutuellement et à cheminer ensemble en devenant une Eglise famille et synodale où chacun(e) trouve sa place et participe avec ses dons. C’est donc dans ce sillage que je compte exercer mon ministère parmi vous, dans la coresponsabilité et le respect mutuel.
En me présentant à la paroisse ce 14 septembre, fête de la Croix Glorieuse, Mgr Pascal a souligné ce curieux paradoxe entre la Croix et la Gloire qui sont une même réalité, un même mystère de la vie notre Seigneur Jésus Christ, attirant notre attention sur la croix devant l’autel de l’église de Cerisiers qui a été fleurie à l’occasion. Une phrase de son homélie a retenu mon attention, celle où il nous invitait : à ne pas ajouter de la haine à la haine, du mépris au mépris, de la souffrance à la souffrance par nos paroles et nos propos. Et j’ai envie de nous inviter à ne pas remuer le couteau dans la plaie. Le Christ exalté, glorifié sur la croix nous attire tous vers lui sans exception, comme il l’affirme lui-même : « Et moi quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai vers moi tous les hommes » (Jean 12, 32). Le Christ nous attire tous et toutes vers lui, il n’exclut personne de son salut, ni de sa maison. Qu’il nous accorde de porter chacun et chacune sa croix à sa suite, nous n’avons pas à fuir nos croix, il nous avertissait dimanche dernier : « Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher à ma suite ne peut pas être mon disciple » (Luc 14, 27).
Daigne le Seigneur nous combler mutuellement de la pleine connaissance de sa volonté en toute sagesse et intelligence spirituelle, et que par l’intercession de Saint-Ebbon le Seigneur accorde à chacun et chacune une bonne et fructueuse année pastorale.
Père Robert TSAKADI