Chapelle de Vaulichères

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Au milieu d'un terroir qui a vu se replanter la vigne, la chapelle de Vaulichères (un hameau de Tonnerre) est sur le vieux chemin qui mène au château du même nom.

Historique:

Le premier cultivateur vigneron s’est installé au lieu dit « Val Lichières » en 1486.

A partir de 1495, le hameau de Vaulichères fait partie de la Paroisse Saint Etienne d’Epineuil, le Curé en perçoit la dîme des blés. Mais il est difficile pour les habitants du village de se rendre à Epineuil, et le Curé se déplace  peu à Vaulichères, au gré des habitants, qui, en 1690, signent une requête auprès de Mgr le Marquis de Louvois, pour ériger leur propre chapelle. Vaulichères compte alors « 40 feux soit environ 200 communiants ».

C’est Jean GAUTHIER, officier de Mgr le Duc d’Orléans, alors Seigneur des lieux, qui s’occupe des démarches, et fait construire, à ses frais et dépens, sur ses terres, en 1692, la chapelle, telle que nous la connaissons aujourd’hui. Cette chapelle, placée sous l’invocation de l’Assomption Notre Dame (plus tard sous celui de Sainte Victoire) est bâtie sur un plan très simple, sans ornements multiples ni recherche architecturale. L’archiprêtre doyen de Notre Dame de Tonnerre la bénit le 18 mai 1692, ce même jour, trois cloches sont bénites par le chanoine de Saint Pierre de Tonnerre

Dès lors, Vaulichères est incorporé au diocèse de Langres, et fait partie du doyenné de Tonnerre comme chapelle bénéficiale. Au moment de la Révolution, Vaulichères compte « 60 feux » soit environ 300 habitants. La Loi du 24 août 1790 de l’Assemblée Nationale sur la Constitution du Clergé prononça la confiscation de tous les biens ecclésiastiques; et tous les biens formant la dotation des chapelles et églises furent aliénés comme biens nationaux. C’est ainsi que les biens alloués au chapelain furent vendus. La chapelle fut maintenue à la demande des Vaulichérois, puis fermée le 23 octobre 1793, ainsi que deux des trois cloches descendues pour refonte. Il ne doit plus, selon la loi, n’y avoir qu’une église cantonale, celle de Notre Dame de Tonnerre. Mais les Vaulichérois, éloignés de Tonnerre de près d’une lieue, continuent secrètement à faire célébrer des offices dans leur chapelle « Sainte Victoire », et demandent rapidement la réouverture officielle de leur église. Mais il faut attendre la loi du 18 Germinal de l’an X qui rendit au culte la propriété des églises et chapelles. Un décret impérial du 29 décembre 1810 érigea la chapelle en succursale de l’Eglise Saint Pierre.

On a toujours dit « la pauvre église de Vaulichères », « la plus petite et la plus pauvre de la contrée »  nous dit l ‘abbé Bureau dans sa Notice sur la Paroisse de Vaulichères. (1885). Au moment de la défaite de Sedan en 1870, l’Impératrice Eugénie fait vœux de donner cent calices, aux cent chapelles les plus pauvres de France. C’est ainsi que Vaulichères est doté d’un calice aux armes de Napoléon III.

Description:

La chapelle dépend aujourd’hui de la Paroisse de Tonnerre, elle n’est plus desservie régulièrement.

L’autel actuel installé en juillet 2004, est le chef d’œuvre de Compagnons du Tour de France tailleurs de pierres.

L’autel principal comporte un tabernacle de bois doré, maintenant dans le transept droite. Le tabernacle en bois doré est assez remarquable. Il est surmonté d’une croix ; dans la niche supérieure on voit la statue de la Sainte-Vierge. Il est orné des statuettes du Seigneur portant la boule du monde d’une main et bénissant de l’autre ; de saint Pierre, de saint Paul, de sainte Claire et de saint Dominique. Dans le bas, nous reconnaissons les portraits de sainte Barbe, saint Jean l’évangéliste, saint Louis, roi de France, sainte Marguerite d’Antioche, sainte Cécile, sainte Marguerite d’Allemagne, chacun avec l’attribut qui lui convient.

Au centre de la chapelle sont les deux tombes des fondateurs : celle de gauche Jean Gauthier décédé le 16 novembre 1723, celle de droite sans inscription, est la tombe de sa femme, Anne Milon, morte le 22 juillet 1734. Les armes des Gauthier de Tronchoy sont « d’azur au chevron d’or surmonté d’un croissant d’argent accoté de deux étoiles de même, accompagné en pointe d’une rose tigée et feuillée de sinople ».

Renseignements:
Paroisses Tonnerroises
09 rue du Pâtis
89700 Tonnerre
03 86 55 10 98
Courriel paroisse.tonnerre@orange.fr

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