Invitation à s’exposer à la grâce de Dieu — 7. Paroisse Saint-Ebbon

Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Invitation à s’exposer à la grâce de Dieu

« Le voici maintenant le moment favorable, le voici maintenant le jour du salut » (2 Co 6,2).

Invitation à s’exposer à la grâce de Dieu

« Le voici maintenant le moment favorable, le voici maintenant le jour du salut » (2 Co 6,2). Nous écouterons cette exhortation de l’Apôtre Paul dans la liturgie de l’entrée en carême, plus précisément dans la seconde lecture. C’est une invitation à nous exposer à la grâce du salut. Certes, tout temps, tout moment est favorable à la grâce du salut, aucun moment n’est exclu de la grâce de Dieu, cependant plus que les autres temps, le temps de carême est à accueillir avec cette invitation de l’Apôtre Paul : « C’est maintenant le temps de grâce, c’est maintenant le jour du salut ». Temps de grâce, moment favorable, jour du salut, une fois encore nous commençons ce cheminement quadragésimal, c’est-à-dire de 40 jours qui mène chaque année à Pâques. L’Évangile chaque année nous rappelle comment nous exposer à la grâce de Dieu à travers trois démarches qui depuis le temps des Apôtres expriment l’effort des chrétiens. C’est le temps où, comme nous le rappelle le Pape Léon XIV dans son message pour le carême de cette année, « l’Eglise avec sollicitude maternelle, nous invite à remettre le mystère de Dieu au centre de notre vie afin que notre foi retrouve son élan et que notre cœur ne se disperse pas entre les inquiétudes et les distractions quotidiennes ». Ce cheminement se présente comme un temps de réalisme, de vérité et de conversion, à travers ces trois démarches que sont le partage, la prière et le jeûne. Ces trois démarches nous viennent de la bouche même de Jésus qui les a citées ensemble d’un seul trait. Certes, elles étaient déjà bien connues dans l’Ancien Testament et même dans d’autres religions, mais Jésus lui, demande à ses disciples de ne pas les accomplir comme le font les autres, car il y a une façon particulière, une façon propre aux disciples de Jésus de partager, de prier et de jeûner. « Quand tu fais l’aumône…quand tu pries…quand tu jeûnes, ne te donne pas en spectacle… ». Dans chacune de ces démarches, cette façon de faire particulière a trait au caractère secret et caché de la démarche. Partager, prier ou jeûner aura un seul objectif, celui de nous exposer à la grâce de Dieu, de nous rattacher au Père en nous mettant en contact avec lui, en un mot nous faire entrer dans son champ de vision et non celui des hommes qui cherchent à recevoir leurs récompenses des hommes. C’est à la grâce de Dieu que le carême doit nous exposer, afin qu’à travers le secret, et le caractère soigneusement caché de nos démarches, nous entrions dans le champ de sa vision, lui qui dans le secret voit tout ce qui est invisible.

Dans sa lettre « Ecouter et jeûner : le carême comme temps de conversion », le Pape Léon XIV nous invite à une forme d’abstention très concrète et souvent peu appréciée, comme il l’affirme : celle des paroles qui heurtent et blessent le prochain. Commençons par désarmer le langage nous dit le Pape, en renonçant aux mots tranchants aux jugements hâtifs, à médire de qui est absent et ne peut se défendre, aux calomnies. Efforçons-nous plutôt continue le Pape à mesurer nos paroles et à cultiver la gentillesse : au sein de la famille, entre amis, dans les lieux de travail, sur les réseaux sociaux, dans les débats politiques, dans les moyens de communication, dans les communautés chrétiennes. Alors, nombres de paroles de haine laisseront place à des paroles d’espoir et de paix.

Une autre invitation de l’Apôtre Paul, qui est un appel qui vient de Dieu lui-même, de la liturgie de l’entrée en carême est ceci : « Laissez-vous réconcilier avec Dieu. Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a pour nous, identifié au péché, afin qu’en lui nous devenions justes de la justice même de Dieu…Nous vous exhortons encore à ne pas laisser sans effet la grâce reçue de lui » (2Co5, 20-6,1). Personne ne peut se réconcilier avec Dieu, ni avec son prochain par ses propres forces, le salut est pure grâce, pure gratuité. La voie à emprunter est celle de l’humilité, raison pour laquelle nous recevons sur nos fronts les cendres, signe d’une réduction. Résidu du bois qui est passé par l’épreuve du feu et qui reste là, cette pincée de cendres reçue sur nos fronts, nous fait penser non seulement à ce que deviendra notre corps après la mort, un peu de poussière, mais aussi nous engage à faire un peu d’effort pour une conversion personnelle. Par ce simple geste, nous voulons signifier que même si nous sommes morts devant Dieu, nous pouvons être saisis par lui et redevenir des vivants en lui. Laissons-nous donc conduire au désert par l’Esprit, Dieu nous attend avec sa miséricorde infinie. Le Christ est venu à notre rencontre et il nous invite à revenir à lui.

Bon début du carême et fructueux temps de carême à tous et à toutes.

P. Robert TSAKADI

robertsakadi@yahoo.fr

 

 

 

Mots-clés associés :
Mots-clés associés :