Voici que nous montons à Jérusalem : la réalité de la Semaine Sainte — 7. Paroisse Saint-Ebbon

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Voici que nous montons à Jérusalem : la réalité de la Semaine Sainte

La Semaine Sainte est le temps le plus essentiel de toute la réalité du mystère liturgique.

Voici que nous montons à Jérusalem : la réalité de la Semaine Sainte

 

     La Semaine Sainte est le temps le plus essentiel de toute la réalité du mystère liturgique. Elle est sainte entre toutes les semaines parce que consacrée à la célébration annuelle de la Pâque du Seigneur. Semaine qui précède la fête de Pâques, les chrétiens font solennellement mémoire du Mystère central de la foi et de la vie de L’Église : le Christ mort et ressuscité pour le salut du monde entier. Pendant cette semaine, l'Église célèbre les mystères du salut accomplis par le Christ, les derniers jours de sa vie terrestre à partir de son entrée messianique à Jérusalem. La Semaine Sainte s'ouvre par le Dimanche des Rameaux et de la Passion. Depuis la réforme liturgique effectuée à la suite du Concile Vatican II, les deux célébrations de la Passion et des Rameaux, qui se suivaient auparavant à une semaine de distance, ont été réunies en une seule, le temps de la Passion se confondant tout entier désormais avec la Semaine Sainte. Nous entrons donc dans la Semaine Sainte en procession, des rameaux à la main en acclamant le Christ Roi de l'Univers, qui a vaincu le péché et la mort. Le Dimanche des Rameaux qui est comme la porte d'entrée de la Semaine Sainte se place sous le double signe, symboliquement paradoxal, de l'entrée triomphale du Christ à Jérusalem et de sa mise à mort ignominieuse quelques jours plus tard.

     La réalité de la Semaine Sainte se trouve au cœur des trois jours du Jeudi, Vendredi et Samedi Saints, ces jours dénommés Triduum pascal. Chacune des liturgies de ces trois jours met spécialement en évidence un aspect, une composante du Mystère de Jésus Christ, le Seigneur : Mort, Résurrection, Élévation dans la gloire, présence au milieu de nous. Les grandes célébrations de ces trois jours saints déploient une unité liturgique, on pourrait dire une seule célébration de la Pâque du Seigneur étalée sur trois jours. Les textes, les rites et les célébrations sont d'une richesse et d'une densité spirituelle inépuisables.

     Le Triduum Pascal commence le Jeudi Saint à la messe du soir en mémoire de la Cène, il se poursuit avec le Vendredi Saint de la Passion du Seigneur et le Samedi Saint, et s'achève avec les Vêpres du Dimanche de la Résurrection. Le Triduum Pascal a son cœur dans la Veillée pascale. Les Lundi, Mardi et Mercredi Saints préparent au mystère de Dieu fait homme, mort et ressuscité pour le bonheur des autres hommes.

 

- Le Jeudi Saint: la Cène du Seigneur.

 

     Le Jeudi Saint est la première célébration du Triduum Pascal, il fait revivre l'institution de l'Eucharistie au cours de la Cène. Le Christ y fait l'offrande de son corps et de son sang comme nourriture et breuvage pour la vie qui ne finit pas, préfiguration du très prochain sacrifice sur la croix. Selon la Tradition la plus ancienne attestée par saint Paul (1Co11, 23), c'est "la nuit où il était livré". La Cène du Seigneur a été célébrée dans les communautés chrétiennes dès les origines ainsi que l'atteste de son côté le livre des Actes (Ac2,42). La célébration de la "Cène" le Jeudi Saint n'est pas différente de l'Eucharistie des autres jours de l'année. La liturgie du Jeudi Saint célèbre l'Eucharistie, mémorial de la Pâque du Christ, sacrement de son Amour infini pour nous et de celui que nous devons avoir les uns pour les autres, et l'institution du ministère sacerdotal qui doit être compris et exercé à l'exemple du Seigneur comme le service des frères et des sœurs dans la communauté.

En résumé disons qu'au cours de la messe du Jeudi Saint l'attention est portée sur trois mystères à savoir :

-L'institution de l'Eucharistie

-L'institution de l'ordre sacerdotal

- Et le commandement de la charité fraternelle.

 

-Le Vendredi Saint : La Passion du Seigneur

 

     En ce jour l'Église médite sur la Passion de son Seigneur et Époux et vénère la croix, et se souvenant qu'elle est née du côté du Christ, elle intercède pour le salut du monde entier. Le Vendredi Saint est centré sur le récit de la Passion et de la mort du Christ, et la méditation sur le symbole de la croix ; c'est par excellence pour les chrétiens le jour du retour sur soi-même, de l'union aux souffrances du Christ pour le salut de tous, de la pénitence (par le jeûne notamment). Comment ne pas rappeler la relation très étroite qui existe entre la liturgie de la Cène et celle de la Passion du Seigneur. En d'autres termes la relation très intime qu'il y a entre la Cène, la Croix et la Messe. La Veille de sa passion Jésus a fait à l'humanité le Don de Lui-même en instituant de signes chargés de transmettre son Amour à travers les siècles. Il donnait une signification sacrificielle à l'acte qu'il allait accomplir le lendemain. Au Calvaire, le Christ en tant que victime, exécute sur Lui-même ce qu'il avait précédemment annoncé : " Ceci est mon Corps livré pour vous ; ceci est mon Sang qui sera versé pour vous ". Le Don du Christ avec son Sacrifice, sont mis à notre portée dans l'Eucharistie. Le Seigneur a enfermé dans les signes eucharistiques sa passion et sa mort.

     La Messe, c'est la passion du Seigneur, multiplié à l'infini, mise à notre portée. La Cène, la Croix, la Messe sont donc trois éléments qui coïncident. Quand nous sommes autour de l'autel, sur lequel se renouvelle le sacrifice eucharistique, c'est comme si nous étions au Calvaire, c'est le même événement qui se perpétue. La Messe nous associe au Sacrifice du Christ. Le Vendredi Saint, c'est Jésus Lui-même le Grand prêtre qui est en train de célébrer la Messe, c'est pour cette raison d'ailleurs que l'Eglise en ce jour ne célèbre pas la Messe, la sainte Eucharistie.

 

Le Samedi Saint :

 

     Un jour tout à fait particulier dans l'Année liturgique. Aucune célébration n'a lieu en dehors de celle des heures. C'est une journée de désert, de silence, et dans ce silence du Saint Esprit, l'Église médite sur le mystère de la Passion du Christ mort pour le salut de tous les hommes, en murmurant déjà dans le cœur, le chant de l'Alléluia qui bientôt retentira. Disons que le Samedi Saint est vécu dans l'attente de la proche résurrection du Christ, Lumière se levant dans la nuit des hommes.

 

 

- La Veillée Pascale :

 

     Dans la tradition juive on compte les jours d'un coucher du soleil à l'autre, et non de minuit à minuit. Cette manière de diviser le temps s'est perpétuée dans la liturgie de l'Église. Les fêtes commencent le soir avec les premières vêpres et s'achèvent aux Vêpres du lendemain. D'après le témoignage des Évangiles, la Résurrection du Seigneur a eu lieu à l'aurore du " premier jour de la semaine " appelée aujourd'hui dimanche. Dans sa forme actuelle, la Veillée Pascale comporte quatre parties nettement distinctes :

 

     Elle commence par un ample Lucernaire ou Rite de la Lumière : bénédiction du Feu nouveau auquel on allume le cierge pascal dont la flamme est partagée entre les cierges tenus en main par les membres de l'assemblée. Vient ensuite l'annonce solennelle de la Pâque, saluée par un chant d'acclamation. La seconde partie est la Liturgie de la Parole, exceptionnellement longue. Elle reprend les grandes étapes de l'histoire du salut qui a précédé et préparé l'avènement de la " Vraie Lumière" qui éclaire tout homme en venant dans le monde. La troisième partie est constituée par la Liturgie baptismale : bénédiction de l'eau, profession de foi, baptême et confirmation s'il y a lieu, ou aspersion de l'assemblée avec l'eau lustrale. Enfin la quatrième partie, la Liturgie de l'Eucharistie comme à l'accoutumée.

Puisse le Seigneur soutenir notre marche, notre montée vers Jérusalem où nous revivrons encore une fois le Mystère central de notre de foi.

 

P. Robert TSAKADI

robertsakadi@yahoo.fr