Célébration pénitentielle avril 2025
Célébration pénitentielle 16 avril 2025
Lc 15,11-32
• Texte proposé par la liturgie du 4 ème dimanche de Carême. Nous l’avons déjà
entendu et sans doute médité.
• C’est une parabole, un récit exemplaire, destiné, avec la mise en scène de
personnages fictifs, un récit destiné à nous aider à mieux comprendre notre
propre rapport au monde et notre rapport à Dieu
• Trois personnages dans le récit : les deux fils et le Père, qui est évidemment la
figure de Dieu le Père, lui-même.
• Contrairement aux apparences, les deux fils ont un comportement analogue :
ils désirent profiter des biens de leur père, à leur propre convenance, pour leur
propre plaisir, pour leur propre confort. Ils ont une vision assez matérialiste,
assez utilitaire de leur relation avec leur père : partir avec sa part d’héritage pour
mener sa propre vie, compter sur ses propres forces, être autonome.
Ou bien, estimer avoir droit au bénéfice des richesses du père, du fait d’une
situation établie, la situation d’aîné. Ainsi, au départ, aucun des deux fils ne se
situe dans une relation de gratuité avec le Père.
• Le fils cadet va voir sa vie bouleversée. Il va évoluer, en constatant l’impasse
de ses choix : il a choisi de compter sur ses propres forces, hors de toute relation
avec son père et avec ses proches. C’est un échec. Dès lors, le fils cadet revient
sur ce choix, mais il apparaît prisonnier de son péché.
• En effet, il ne pense pas une seconde pouvoir être pardonné pour ce qu’il a fait
• Le fils aîné, lui, n’engage aucune démarche de changement ni de conversion. Il
demeure sûr de son bon droit. Il n’est pas conscient de son propre péché, ni de la
fermeture de son cœur. Il ne voit pas qu’un chemin reste à effectuer pour que
s’établisse une juste relation avec son père. Une relation d’amour, une relation
désintéressée, une relation de gratuité. Et il jette sur son frère un regard de
jugement et de condamnation, dans lequel la miséricorde n’a aucune place.
• En réalité, aucun des deux fils ne s’attend à la miséricorde du père. Ni celui qui
en bénéficie, le fils cadet ; ni celui qui en est témoin, le fils aîné.
• La miséricorde du père dépasse tout ce que ses fils peuvent imaginer, car
connaissant la vérité sur la vie dissolue de son fils cadet, le père rétablit celui-ci
dans sa dignité, et il l’assure de la permanence de son amour. Nous comprenons,
en lisant ce développement du récit, nous comprenons que Dieu accueille ceux
qui se tournent vers lui tels qu’ils sont. Dieu qui est le seul à oser regarder notre
vie en face, en vérité, sans se détourner. Il y a là pour nous tous une invitation à
oser la vérité. Oser la vérité qui, seule, libère.
• Le récit semble inachevé. Il nous laisse « au milieu du gué ». Nous ne savons
rien de ce que sera l’avenir du fils cadet. Nous ne savons pas si le fils aîné va
être capable de reconnaître ses propres limites, la dureté de son cœur, et de se
convertir. Et nous ne savons pas si les deux frères vont vivre une expérience de
réconciliation.
• Ainsi, en s’achevant d’une manière « ouverte », le récit évite de nous
« enfermer » dans telle ou telle conclusion, et il nous renvoie à notre propre
existence dans laquelle nous rencontrons des situations analogues :
- Avons-nous conscience de la miséricorde infinie de Dieu ? De sa capacité
à nous accueillir tels que nous sommes, de sa capacité à regarder en face,
sans se détourner, la vérité de notre vie ?
- Le récit nous invite également à « mesurer », à « évaluer » la nature de
notre relation avec Dieu : sommes-nous capables de l’aimer « pour rien »,
« gratuitement », hors de toute logique de rétribution. Sans crainte, et sans
intérêt personnel.
- Et puis, bien sûr, le récit nous renvoie également à nos relations avec nos
prochains. Ces relations dont certaines sont abîmées, fracturées, non
réparées. Ces relations dont certaines sont intéressées. Il ne s’agit
certainement pas pour nous de tout réparer, ni d’arriver en tout lieu à un
régime de gratuité. C’est impossible. Mais il s’agit au moins de mesurer
ce qui est à réparer, et de discerner les lieux où une logique de don, de
service, de gratuité peut et doit se substituer à la recherche de notre intérêt
personnel.
• Enfin, en demeurant inachevé, ce récit évangélique nous montre que, pour
nous, le chemin ne sera jamais terminé. Nous ne serons jamais des Chrétiens
« arrivés ». Nous sommes des pèlerins, des pèlerins qui prennent
progressivement conscience de leur péché, des pèlerins qui renonçons à nous
auto-justifier, à nous réclamer de notre bon droit. Oui, nous sommes des
pèlerins qui comptons sur la miséricorde de Dieu, pour qu’il nous accompagne
sur notre chemin, sur notre itinéraire de conversion. Amen