Edito d'Octobre 2026 — 18. Paroisse Sainte-Reine - Auxerre Val de Baulche

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Edito d'Octobre 2026

Octobre -mois du Rosaire-

En ce mois du Rosaire, il pourrait être bon pour nous catholiques de faire le point sur notre attachement à Marie de Nazareth. Quelle est la place de la mère de Jésus dans notre foi, dans notre vie spirituelle ? On a retenu de saint Bernard (XIIe siècle) l’adage suivant : « De Maria numquam satis » qui se traduit : « De Marie jamais assez ». La ferveur de notre attachement à Marie doit toutefois nous conduire à vérifier si cet attachement est bien ajusté, bien équilibré. Ma suggestion est que nous devons chercher ensemble concernant la piété mariale un juste milieu entre le maximalisme déviant et le minimalisme absolu.

Maximalisme déviant. Nous tombons dans ce travers quand nous faisons de Marie une déesse. A ce propos, la visite du musée archéologique de l’abbaye St-Germain d’Auxerre est très instructive. On y trouve exposées de petites statues de déesses mères à l’enfant gallo-romaines. Nous n’en sommes plus là à adorer une déesse-mère pour invoquer des grâces de fécondité ou de guérisons ! A vérifier toutefois ! Autre dérive : quand nous confondons Marie avec Jésus-Christ. L’Ecriture nous rappelle de façon très claire qu’il n’y a qu’un unique médiateur entre Dieu et les hommes à savoir Jésus Christ (1 Timothée 2, 5). Autre dérive encore : quand Marie devient cause de divisions entre les chrétiens, quand elle est invoquée si maladroitement qu’elle devient un obstacle devant les hommes et les femmes d’aujourd’hui pour accéder à Jésus- Christ. Il est clair que Marie elle-même ne veut pas cela !

Minimalisme absolu. Inversement, ignorer Marie, c’est ignorer la place des femmes dans le projet de salut de Dieu. N’oublions pas toutefois que dans la vie de Jésus de Nazareth il n’y avait pas que Marie comme femme. Il y en d’autres et elles étaient très nombreuses, les évangiles en font foi. Tout ce que la foi catholique affirme de Marie (sainteté, virginité, maternité divine, immaculée conception, assomption) ne peut être compris que dans la perspective plus large du Christ, du Dieu trinitaire et du salut. Rien de tout cela ne l’éloigne de notre humanité ordinaire. La prière à Marie n’a pas d’autre sens que la pratique de la prière des frères dans la communauté chrétienne. Marie est notre grande sœur, la « première en chemin ». Nous la prions avec tous les frères et les sœurs les saints de l’Eglise. Cette prière est une prière d’intercession, prière de demande en faveur des autres. Elle s’adresse de façon ultime au Dieu Père par Jésus-Christ dans l’Esprit saint.

Nous pourrons redire tout au long de ce mois d’octobre le cantique du Magnificat que Marie adresse au Dieu de l’Evangile qui renverse les puissants et élève les humbles.

P. Christophe Champenois, curé