2ème dimanche de l'Avent C- 9 décembre 2018-
Nous célébrons le deuxième dimanche de l’Avent. Les lectures de ce jour, nous adressent un message d’allégresse car le temps de la joie s’ouvre pour tout le monde surtout ceux qui sont dans la tristesse. Souvenons-nous que l’Avent signifie l’attente d’un «événement». Cet événement est la manifestation de Dieu parmi les hommes. Pour cela, préparons nous à recevoir le salut de Dieu.
Dans la première lecture, le prophète Baruch dont le nom signifie « Béni de Dieu », qui fut secrétaire du prophète Jérémie que nous avons écouté dans la lecture du premier dimanche de l’Avent, annonça la décision de Dieu, de susciter un roi de justice. Il voit se réaliser le temps de l’intervention de Dieu et appelle toute Jérusalem à la joie « Lève-toi, Jérusalem ! (…) vois tes enfants rassemblés, depuis le soleil levant jusqu’au couchant (…) plein de joie car Dieu s’est souvenu d’eux.» (Ba 5, 5) Le prophète voit la fin de la tristesse du peuple éprouvé par la déportation, la captivité, la tristesse et tous les maux inimaginables. Mais ce rétablissement de la situation n’est pas le fruit du hasard, c’est le résultat de la conversion sincère, de la pénitence personnelle et commune.
Plus que Jérusalem terrestre, Baruch parle de la Jérusalem céleste qui se réjouit de la victoire sur la mort de tous les humains. C’est aussi l’image de l’Église qui voit l’accomplissement de la promesse du Christ de rassembler tous les hommes autour de Lui. Le Psaume de la liturgie de ce jour acclame : « Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous : nous étions en grande fête !» Nous devons remercier le Seigneur pour les nombreuses choses qu’il nous donne : l'être et la vie, les amis et les parents, la foi, la solidarité, l’espérance, etc. Surtout vous, les français de cette génération, malgré les mécontentements sociaux, sur le plan social vous êtes mieux que les générations passées qui vivaient des guerres, des maladies incurables, maîtrisées actuellement. La preuve est la durée de l’espérance de vie actuelle, 79,5 ans pour les hommes et 85,4 ans pour les femmes en 2017. La main du Seigneur est encore sur nous. Saint Paul dit aux chrétiens de Philippes et à vous tous que « Dieu qui a commencé en vous un si beau travail le continuera jusqu’à son achèvement au jour où viendra le Christ Jésus.» (Phil,1,6) Avec le Christ, notre espérance de vie n’est pas de quelques années mais toute une éternité ! Jésus Christ veut nous rejoindre chaque jour pour nous montrer le chemin de la joie éternelle.
Dans l’Évangile, l’Église présente à notre attention les paroles de Jean Baptiste. Selon le témoignage de Jésus « Parmi les humains, il n’a jamais existé personne de plus grand que Jean Baptiste.» (Mt 11, 11). Donc il n’est pas n’importe qui. Mais Jean Baptise, lui se définit comme un crieur qui nous aide à préparer le chemin du Seigneur « Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers.» (Lc 3,4) Le service noble est celui de parler de Dieu. Essayons de parler de Dieu aux autres. Ne leur parlons pas seulement de ce qu’ils veulent entendre mais de Dieu qui veut les sauver. Parlons de Dieu aux enfants, époux-épouses, voisins et amis, parlons de Dieu entre nous! C’est cela qui nous fait grand devant Dieu. Pour bien parler de Dieu, il nous faut une grande préparation. Jean Baptiste a réussi sa mission car il était un homme voué à Dieu. Il n’a pas embrassé la façon de vivre de la majorité de sa génération, il a préféré vivre de peu de chose, loin du monde mais près de Dieu dans le désert. Sans être grand pécheur, il a mené une vie de pénitence pour nous montrer que devant Dieu nous avons tous des ravins à remplir. Il a eu le temps de voir les péchés des hommes et de les dénoncer.
Son humilité et son effacement ont fait de lui un homme capable de montrer le chemin droit qui conduit à Dieu. Avec cette personnalité, il a réalisé sa triple mission: préparer le chemin du Seigneur (Is 49, 3), annoncer la connaissance du salut (Lc 1,77) et montrer le Messie au peuple qui l’attendait (Jn 1, 29-34). Parlant de sa grandeur, un chrétien spirituel raconte « Chez notre bon et grand saint Jean Baptiste, nous ne trouvons rien qui puisse nous attrister. Tout doit, au contraire, nous réjouir ; car nous ne voyons en lui que du bien et point de mal: il n’a que des vertus et point de péché. On ne commence à compter les vertus des autres saints et leurs pénitences qu'à partir d’un certain âge ; mais, de saint Jean Baptiste, nous pouvons commencer à dire des merveilles, même avant sa naissance.»
Je voudrais continuer cette méditation en revenant sur les paroles que nous avons entendues dans l’Évangile «Jean Baptiste parcourut toute la région du Jourdain, en proclamant un baptême de conversion pour le pardon des péchés.» (Lc 3,3) Se convertir consiste à voir avec les yeux de Dieu, à se transformer intérieurement, c’est passer de l’égoïsme à l’amour, c’est voir Dieu comme notre Père à tous (Mt 6,9), c’est nous regarder comme frères et sœurs malgré les différences naturelles et inévitables. Se convertir c’est voir les problèmes des autres comme nos propres problèmes. Se convertir c’est devenir un bon professionnel, un père splendide, une épouse ou époux fidèle, un bon fils, c’est devenir agréable à Dieu et aux hommes.
Dans quelques jours, nous célébrerons la fête de Noël. Préparons-nous à vivre cet événement en recevant au maximum les dons que l’Esprit Saint nous envoie pour nous sanctifier car vivre pour nous chrétiens c’est croire au Fils de Dieu, Jésus Christ qui nous invite chaque jours à rendre gloire à Dieu et à reconnaitre son amour incomparable. Demandons au Seigneur pour que cet Avent soit pour nous une occasion de nous purifier pour devenir irréprochable et comblés du fruit de la justice comme saint Paul le recommande aux philippiens dans la deuxième lecture (Phil 1,11).