Dimanche de la Sainte famille
C’est dans cette famille où Jésus devait passer toute son enfance et sa jeunesse, apprendre un métier et recevoir la formation humaine, sociale et spirituelle. Et pourtant, c’était une famille qui ressemble à nos familles : une famille simple mais ouverte à Dieu, car Dieu y occupe la première place; une famille pauvre mais pas misérable, une famille conforme à la loi religieuse et civile, une famille prête à faire toujours la volonté de Dieu.
En Israël, Dieu intervenait souvent dans l’histoire familiale parce que notre Dieu aime la communion, la relation humaine et sociale. La première lecture nous présente une famille où Dieu est intervenu pour qu’elle ait un enfant. C’est aussi la famille d’Elcana et d’Anne stérile qui deviendra la mère du prophète Samuel, fruit de la confiance au Seigneur et des prières incessantes et insistantes d’Anne. Cette dernière, après avoir enfanté, emmena l’enfant au Temple de Jérusalem pour qu’il soit consacré au Seigneur pour toujours. Son geste nous rappelle que les enfants n’appartiennent pas seulement à leurs parents. Ces derniers n’en sont pas les propriétaires. Les enfants sont un don de Dieu qui est Père de tous les hommes.
Saint Jean, dans la deuxième lecture nous invite à comprendre l’immensité de l’amour de Dieu pour nous. Non seulement Dieu intervient dans les familles humaines mais plus encore par Jésus Christ, nous sommes devenus des participants de sa famille car « Il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu et nous le sommes.» Nous sommes introduits dans la famille de Dieu, nous avons part à la gloire du Ciel et cela est unique et exceptionnel. Un jour chacun d’entre nous goûtera les joies des enfants de Dieu au Ciel. Mais avant tout, le Seigneur nous recommande d’avoir foi en Jésus Christ, son Fils et de nous aimer les uns les autres. C’est cet amour fraternel qui nous fait enfants de Dieu. Nous devons donc aimer les autres de l’amour dont Dieu nous aime. Avec la foi, cet amour pour Dieu et pour nos prochains, devient intarissable. La foi et l’amour sont donc fondamentaux pour demeurer auprès de Dieu pour toujours.
Joseph et Marie avaient une foi sans limite qui guidait leur vie. Selon la tradition, Josep était charpentier et Marie brodeuse. Dans un petit village, un charpentier est un homme qui aide les voisins à fixer portes et fenêtres en échange de peu d’argent dont on se servait pour se procurer quelques produits secondaires. Avec cet argent Marie et Joseph pouvaient aussi faire la charité et offrir une offrande au Temple. Ils vivaient donc de l’amour pour Dieu et pour les autres. Jésus était éduqué dans cet amour horizontal et vertical. L’Évangile de saint Luc nous présente Jésus et ses parents qui se rendent en pèlerinage au Temple de Jérusalem. Ils y restent quelques jours avant de retourner chez eux à Nazareth. Le jeune Jésus reste au Temple sans prévenir ses parents. Quant à eux, ils quittent la ville sans vérifier si Jésus est dans la caravane de devant. Ils le recherchent et finalement ils le retrouvent là où ils ne le pensent pas, au Temple, assis au milieu des docteurs de la loi pour les écouter et leur poser des questions. Quand Marie et Joseph lui font part de l’angoisse que sa séparation a provoquée en eux, Jésus leur adresse cette réponse: « Comment se fait-il que vous m’ayez cherché? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ? »
Dans cet Évangile, Jésus nous révèle plusieurs secrets. D’abord sa relation avec Dieu le Père. Lui-même se reconnait comme le Fils de Dieu. Ensuite, le Temple n’est plus pour Lui un bâtiment de pierres mais la maison de son Père, là où il rencontre son Père pour partager la gloire et la joie divine. Devant les docteurs de la loi Jésus manifeste aussi sa maturité spirituelle et sa sagesse exceptionnelle qui sont celles de son Père du Ciel. Il montre par là sa nature divine qui est invisible. Par Jésus, ses parents ont été introduits dans la famille divine. Nous aussi nous entrons dans cette famille où Dieu devient notre Père dans notre adhésion au Christ, c’est-à-dire par notre baptême.
Désormais, nous faisons partie de la Sainte Famille de Dieu. Jésus nous apprend que c’est chez notre Dieu que nous devons être. Nous devons prendre un bon moment pour rester avec Dieu notre Père et lui raconter comment va notre vie, quels sont nos projets et lui demander l’amour qui nous permet de grandir dans la foi. Il ne faut pas avoir un temps pour tous et manquer un temps pour Dieu, pour la famille et les amis. Celui qui n’a pas de temps pour Dieu et pour les autres s’isole et il ne peut pas grandir dans la foi et dans l’amour. Et nous devons faire attention car si la foi et l’amour ne grandissent pas, ils se perdent et petit à petit ils disparaissent. Quand nous perdons la foi et l’amour nous ne pesons pas beaucoup devant Dieu, nous devenons comme des ailes ballotées par le vent ici et là.
Ne perdons jamais notre référence à Dieu et si cela arrive faisons tout pour la récupérer très vite. Marie et Joseph ont cherché leur fils Jésus et ils ont la joie de le retrouver au Temple. Lui n’était pas perdu, il était chez son Père, dans sa maison. Que Jésus nous apprenne à être contents avec nos parents. Humainement, il y a des enfants qui ne se préoccupent pas de leurs parents, qui ne les visitent pas assez surtout quand ils sont âgés. Cet amour pour les parents est un commandement et chaque commandement nous conduit à Dieu et nous offre la grâce sanctifiante. Si nous n’aimons pas les parents que nous voyons, nous ne pouvons pas aimer Celui qui est présent mais invisible. Que nous puissions découvrir que la famille humaine est une école de l’amour et de la foi en Dieu !